1. 1.Pour arrêter les fessées et les gifles

Quand un homme en frappe un autre, on appelle ça de la « violence sociale », et elle est condamnable entre 750€ d’amende et 30 ans d’emprisonnement selon le préjudice subi par la victime.

Quand un homme frappe sa femme, nous appelons ça « violence conjugale », et elle est condamnable également entre 3 ans et 30 ans de prison.

Mais étrangement, quand nous donnons une fessée ou une gifle à un enfant, on appelle ça « éducation » et on se donne bonne conscience en se disant que « ça n’a jamais fait de mal à personne ! » ou « j’en ai reçu et je m’en porte très bien ! ».

Or non seulement les coups n’éduquent pas, mais ils dégradent fortement l’image que l’enfant a de lui-même, en plus d’entamer sérieusement la confiance qu’il a en son parent. De plus, la violence appelle la violence et les coups rendent nos enfants plus agressifs, moins empathiques, moins coopératifs… A l’opposé de ce que l’on voudrait, donc complètement contre-productif !

D’ailleurs, petit rappel depuis le 30/11/2018 l’Assemblée a voté l’interdiction des Violences Éducatives Ordinaires.

2.Pour se réapproprier nos valeurs pré-enfants

Souvenez-vous des principes que vous aviez avant de devenir parents : « jamais je ne deviendrai hystérique devant mon gamin parce qu’il ne veut pas manger ses haricots », « Non mais tu me vois bousculer mon gamin parce qu’il ne veut pas mettre son manteau ? », « Ma mère nous punissait et bien moi jamais je ne le ferai avec mes enfants ! »

Ainsi, nous sommes décidés à éviter les erreurs de nos parents, nous ne reproduirons pas les mêmes schémas.

On gardera notre calme en toute circonstance, et nos enfants, en conséquence, seront sages, beaux et intelligents. Et puis l’enfant paraît, et avec lui la fatigue, les pleurs, les inquiétudes, … et on réalise que cet enfant ne colle pas franchement à l’image qu’on s’en était fait…

Avec l’arrivée de l’enfant, l’inconscient reproduit les comportements parentaux appris dans l’enfance, car nous n’avons pas connu ni appris autre chose !

3.Pour préserver et développer le cerveau de son enfant

Les neurosciences nous le disent depuis quelques années, le cerveau de l’enfant est fragile face aux violences qu’il subit.

Alors que les câlins, la bienveillance, l’attention positive, le jeu, vont au contraire générer un foisonnement de création neuronale.

On en a tous fait l’expérience face à un adulte sévère et peu agréable (enseignant ou membre de la famille) on ne donne pas le meilleur de nous-même par contre face à un adulte bienveillant on révèle plus facilement ses talents.

Catherine Guéguen, pédiatre spécialisée dans le soutien à la parentalité, nous dit que l’empathie, la bienveillance et l’amour vont modifier en profondeur le cerveau de l’enfant ce qui va favoriser ses compétences cognitives. Voilà de quoi nous motiver, non ?

4.Parce qu’on vaut mieux que ça

Oui, cet enfant nous fait tourner en bourrique. Oui, on est crevés. Oui, vraiment, « il nous cherche ». Oui, il nous pousse dans nos derniers retranchements…

Mais le cri, la fessée ou la gifle, nous les regrettons aussi vite qu’ils ont fait redescendre notre tension. On voudrait alors avoir une baguette magique pour revenir en arrière, au moment où il était encore temps de trouver un autre chemin que celui de la violence. On vaut mieux que ça, non ?

5.Pour l’exemple

Les enfants apprennent nettement plus par notre exemple que par nos vociférations !

« ARRÊTE DE CRIER !!!! » permet peut-être de lâcher le stress parental mais certainement pas d’enseigner à son enfant de parler calmement.

Même principe pour un enfant qui vient de taper : lui asséner une tape sur la main ou en disant « on ne tape pas! » ne peut qu’engendrer de la confusion dans son cerveau.

6.Pour le calme et la coopération que la bienveillance engendre

Il faut essayer pour s’en rendre compte, et tenir bon pendant quelques semaines pour en voir des effets durables, mais ça marche vraiment ! EXPÉRIMENTEZ et faites-vous épauler si besoin.

Pour certaines choses, l’effet est immédiat. Faites le test suivant : votre enfant est tombé rien de grave, à peine une égratignure, et pleure. Restez où vous êtes, ou continuez votre activité, et dites-lui de loin : « allez, c’est rien, arrête de chouiner pour un rien ». Comptez le temps nécessaire pour qu’il finisse enfin par se taire, puis qu’il reprenne une activité ludique.

Puis, dans une situation similaire, utilisez l’écoute empathique : approchez-vous de lui, mettez-vous à sa hauteur, et dites : « J’ai l’impression que tu as rudement mal… montre-moi ça? », pansement, bisous et câlin. Il y a de grandes chances pour que le temps de retour au calme soit bien plus court!  Alors oui ça vous a pris 5 minutes mais après votre enfant est reparti jouer, comme si rien ne s’était passé. Dans le cas précédent ces 5 minutes se sont passées dans les hurlements et les pleurs.

En ce qui concerne la coopération, là aussi, faites un test. Le 1er jour, criez à vos enfants : « dépêchez-vous de vous habiller! On est toujours en retard à cause de vous! ». Notez le résultat (qui s’est habillé, en combien de temps les enfants étaient-ils prêts, humeur générale à la fin de l’exercice).

Le lendemain, mettez le minuteur en route et dites, d’un ton joueur: « vous croyez qu’on va réussir à être tous habillés en moins de 5 minutes? ». Là aussi, notez. Je parie que non seulement le temps sera égal voire inférieur, mais qu’en plus, l’ambiance sera bien meilleure!

Dernière expérience à faire : essayez d’observer toutes les comportements positifs de votre enfant, au lieu de vous focaliser sur ce qu’il fait de mal et dites lui. « Tu as mis tes chaussettes tout seul ce matin, tu m’aides beaucoup en t’habillant tout seul » au lieu de lui dire : « Tu n’as pas encore mis ton pantalon ! ». Plus vous donnerez de l’attention positive à votre enfant, plus il fera des efforts et plus il essaiera de montrer le meilleur de lui-même !

 

 

En conclusion, je dirai que la bienveillance permet de sortir du rapport de force qui est à l’origine de toutes les petites et plus grandes violences éducatives. Il convient de savoir rester dans un rapport d’éducation où l’adulte est responsable et où il instaure un respect mutuel en montrant l’exemple. Alors oui, la bienveillance nécessite souvent beaucoup d’efforts émotionnels de la part des parents qui doivent apprendre à éviter de reproduire des schémas qu’ils ont connus dans leur propre éducation. Exprimer des interdits de façon positive, s’entraîner à dire ce qu’on a le droit de faire, plutôt que de souligner sans cesse ce qui est interdit implique de l’entrainement mais une fois que c’est ancré dans les habitudes, l’ambiance familiale gagne en harmonie pour le plus grand bonheur de tous !

Catégories : Le coaching parental

Isabelle Pierce

Isabelle Pierce est coach parental et possède une expérience de 20 ans d’enseignement en maternelle, primaire et secondaire auprès de plus de 1000 élèves de 4 à 18 ans. Tout au long de ce parcours, elle s’est passionnée pour des approches complémentaires à la pédagogie classique, telles que : l’approche Montessori, les neurosciences et la PNL. Elle s’appuie aujourd’hui sur ses apprentissages, sur les conférences et les formations auxquelles elle continue d’assister pour aider les parents. Tous ces enseignements lui donnent des clés pour mieux communiquer avec les parents et pour mieux appréhender le comportement des enfants.