« Avec nous il est adorable »…dixit belle maman,

« Qu’est ce qu’il est gentil ce petit »…dixit votre maman,

« Je sais pas de quoi tu te plains, parce que des ‘comme ça’ je pourrais en élever des colonies »…dixit la bonne copine.

Parlez-vous du même enfant? Parce qu’à la maison, c’est crises, scènes et bras de fer!

Et si je vous parlais de figure d’attachement

Ce changement de comportement peut vous paraître agaçant, tout autant que les remarques désobligeantes des adultes qui gardent ponctuellement vos bambins. Pourtant, ceci peut être un encouragement pour vous… Le changement dans l’attitude de votre enfant signifie qu’il vous perçoit comme une figure sécurisante avec laquelle il peut évacuer toute la tension qu’il a accumulé, dans la journée ou au cours des derniers jours. En effet, les jeunes enfants ne s’exposent pas quand ils ne sont pas en sécurité totale. C’est pourquoi ils sont calmes avec d’autres personnes et “lâchent la soupape” lorsqu’ils sont avec vous. C’est juste qu’ils se sentent en sécurité avec vous et vous font une totale confiance. Ils exprimeront par conséquent plus leur frustration et leur colère avec ce qu’on appelle leur figure d’attachement.

La figure d’attachement est la personne qui s’occupe le plus de l’enfant jusqu’à ses 2 ans. Elle représente la sécurité et son point d’ancrage pour explorer le monde. Un enfant peut avoir plusieurs figures d’attachement, mais il y en a toujours une principale, souvent la maman…

Donc vous l’avez compris le cercle familial est l’endroit où les enfants s’autorisent à se lâcher! La régulation du stress et des émotions est indispensable au bon développement du cerveau. Mais au contraire des adultes qui ont une capacité certaine à auto-réguler leurs émotions, les enfants n’en sont pas capables et ils ne développeront cette autonomie qu’à partir de l’adolescence. En effet, un peu de patience car le cerveau des enfants n’arrive à maturité que vers 25 ans, d’après les neurosciences! La régulation ne pourra donc se faire que via les parents grâce à la relation sécure qu’ils instaurent. Ainsi lorsque les enfants sont stressés ou frustrés,  ils ne se permettent pas d’en faire une pleine démonstration à n’importe qui. Ils le font uniquement avec les parents car ils savent qu’ils seront les seuls à pouvoir l’accepter et à les aider. Quand vos enfants se lâchent avec vous et pas avec les autres, c’est parce qu’ils se savent en sécurité pour le faire. Ce n’est pas un test de leur part et encore moins un signal d’alarme. C’est au contraire une réaction très saine. Donc il est vrai qu’ils n’agiraient pas forcément comme cela avec les grands parents, la nounou … mais c’est normal ! S’ils le font, cela veut dire qu’ils vous savent à même de répondre à leurs problèmes.

Super! Mais on fait quoi?

Accepter sa colère et prendre de la distance…

Bien sûr, avoir une réaction parfaite en toute circonstance n’est pas une chose simple et innée et on ne peut pas toujours réagir de façon optimale. Nous avons d’ailleurs tendance à agir comme on nous l’a appris lorsque nous étions enfants. Ainsi, certains parents peuvent avoir besoin de travailler ou du moins de s’interroger sur leur enfant intérieur pour se défaire de certains mécanismes qui ne sont pas toujours les meilleurs. Lors des consultations je propose toujours quelques pistes de réflexion aux parents car une réaction adaptée envers son enfant demande une prise de distance de leur part. Ils doivent comprendre que ces colères ne sont pas intégralement tournées vers eux, même lorsqu’ils se pensent concernés. Il peut paraître bien légitime de se demander dans ces cas-là ‘mais qu’est ce que j’ai fait ou qu’est ce que je n’ai pas fait’ pour qu’il réagisse comme ça.

Par ailleurs, avant l’adolescence, ne cherchez pas à stopper la réaction de votre enfant lorsqu’il laisse éclater son stress, sa frustration ou sa colère. Toute émotion de l’enfant est acceptable, aucune n’est mauvaise (je parle bien de l’émotion et pas du comportement: violence ou mise en danger doivent être stopper sur le champ).Un enfant qui sort de l’école en colère et qui semble faire un ‘caprice’ est en fait en situation de stress mais il ne sait pas comment faire avec, et du coup son émotion déborde, parfois de façon spectaculaire. Aussi, la priorité est de ne pas le laisser seul dans une situation difficile et d’essayer de mettre des mots sur sa réaction, tout en évitant de vous sentir impliqué dans la raison de sa colère.

Les réactions appropriées

Quand l’enfant est en situation de stress, colère, ou frustration, on se sent parfois démuni. Voici quelques conseils pour canaliser son énergie au mieux:

Mettez-vous à sa hauteur, prenez-le par les épaules, parlez-lui calmement et dites-lui « J’ai l’impression que ça ne va pas, j’aimerais comprendre pour t’aider. Est-ce-que tu veux en    parler ? » Cette simple réaction le calmera bien souvent. Si vous êtes trop en colère pour réagir de la sorte, expliquez-lui simplement que vous réglerez la situation plus tard lorsque vous serez plus calme, car pour l’instant vous n’êtes pas capable de le faire. Ainsi, il n’y a pas de crescendo dans les cris. Pendant ce temps allez boire un d’eau fraîche ou faites quelques minutes de cohérence cardiaque pour faire retomber la pression chez vous. Visualisez des images agréables de votre enfant peut vous aider aussi à gagner en calme. Prendre son enfant dans les bras en lui parlant doucement et en le serrant contre vous va avoir comme vertu de synchroniser le rythme cardiaque de votre enfant sur le vôtre, donc mieux vaut rester calme.

La relation d’attachement, pour être sécure, nous demande d’adapter nos actes à nos sentiments et à nos paroles.  Ainsi, quand votre enfant crie et vous énerve, ne lui criez pas dessus car vous serez contre-productif. En effet, il retiendra davantage vos gestes et votre attitude que vos paroles. Si vous prenez toujours de la distance, même lorsque vous êtes énervé, vous êtes assuré de tendre au maximum vers la sérénité. Une belle manière de faire grandir votre enfant.

Exercice de cohérence cardiaque

 


Isabelle Pierce

Isabelle Pierce est coach parental et possède une expérience de 20 ans d’enseignement en maternelle, primaire et secondaire auprès de plus de 1000 élèves de 4 à 18 ans. Tout au long de ce parcours, elle s’est passionnée pour des approches complémentaires à la pédagogie classique, telles que : l’approche Montessori, les neurosciences et la PNL. Elle s’appuie aujourd’hui sur ses apprentissages, sur les conférences et les formations auxquelles elle continue d’assister pour aider les parents. Tous ces enseignements lui donnent des clés pour mieux communiquer avec les parents et pour mieux appréhender le comportement des enfants.