Comment gérer l’excitation et la frustration des enfants pendant les fêtes de Noël ?

Noël approche à grand pas et l’excitation monte, monte…aussi bien chez vous que chez vos enfants, d’ailleurs.

Tous ouvrent scrupuleusement leur calendrier de l’Avent et comptent le nombre de dodos qui les séparent du grand jour ! Les maisons brillent, clignotent, embaument la cannelle, les chocolats et les clémentines !

Toutes les conditions semblent réunies pour passer de doux moments en famille ! Si les fêtes de fin d’années sont souvent associées à des émotions positives comme l’amour, le partage, la bienveillance, la gratitude, l’enthousiasme… ; elles sont aussi propices à la frustration, l’impatience, la jalousie, l’excitation pour les enfants et générer stress, fatigue et énervement pour les parents !

Alors comment faire pour préserver la magie de Noël, dans une ambiance relativement sereine sans que l’excitation ou la frustration viennent tout gâcher ?

De la joie à l’excitation : mode d’emploi.

L’excitation est une variante intense de la joie. C’est donc une émotion positive qu’il convient de développer chez les enfants. Comme toutes les autres émotions, il est important de l’accueillir et de laisser notre enfant exprimer cette émotion même si cela peut être fatiguant ! Comme l’écrit Isabelle Filliozat: «  Un enfant a besoin de se sentir joyeux, pour se sentir libre d’exister et de grandir »

Tenter de raisonner un enfant qui est très excité n’a pas ou peu d’effet. L’excitation est trop importante pour lui permettre de raisonner. Sans oublier que le cerveau des enfants est immature et ne leur permet pas de gérer les émotions fortes. Dans ce cas, il est préférable de laisser l’excitation s’exprimer dans un cadre adapté. Proposez à votre enfant d’aller courir, danser, sauter, jouer dehors.

Nous avons tendance à être stressées et fatiguées par l’excitation de nos enfants, à leur rabâcher de se calmer, de faire moins de bruit, de moins bouger. Pourtant, mon expérience me dit que nous avons beaucoup plus à gagner en rentrant dans leur monde et en partageant leur excitation plutôt que d’essayer d’éteindre leur joie. Les contraindre au calme, impose un rapport de force qui a tendance à abimer le lien. Bien sûr il ne faut pas tout cautionner, il est important de poser des limites. J’aime beaucoup l’utilisation du timer pour ça : on danse, on chante, on fait une bataille de boules de neige pendant 20 minutes puis temps calme. Franchement ça peut être aussi libérateur de retrouver cette joie de vivre et cette insouciance enfantine.

Une autre approche nous permet de relativiser sur cette excitation : les enfants sont naturellement remuants : ils ont besoin de ramper, toucher, explorer, bouger, courir, sauter, escalader… Tout simplement parce que c’est par la motricité qu’ils développent leur intelligence. Il est actif, tant mieux c’est un signe d’éveil intellectuel. Au fil de son développement psychomoteur, il s’investira dans des occupations plus calmes. 

Quelques activités salvatrices, duplicables et canalisantes

L’excitation est souvent accompagnée de cris, de voix fortes et de courses poursuites.

  • Proposer à l’enfant de jouer sur les modalités de sa voix (ton et force) : “chuchote comme si tu voulais garder un secret, rugis comme le lion, parle avec une voix hachée de robot, ris comme le Père Noël, barris comme un éléphant…
  • Faire le rugissement du tigre quand on joue dehors
  • Courir le plus vite possible (comme un guépard) et le plus bruyamment possible (avec des pas d’éléphant) quand on joue dehors
  • Marcher comme un astronaute dans l’appartement (avec des grands pas comme si on flottait) ou comme un patineur (en glissant tout en souplesse)
  • Jouer au jeu du ralenti, tous les mouvements se font à vitesse d’un escargot.

En cas de bataille et de chahut :

Il faut savoir que le jeu combatif offre la possibilité à l’enfant d’exprimer des émotions fortes, de pratiquer la maîtrise de soi, en modulant et réfrénant ses gestes et en négociant les rôles. Dans l’imagination de l’enfant, le jeu de la bagarre prend forme dans le faire semblant. Mais on sait tous que les batailles dégénèrent souvent quand les enfants s’excitent trop. Votre rôle est alors de stopper le jeu et d’aider les enfants à prendre conscience que ce n’est plus un jeu amusant quand on se fait mal ou quand on fait mal aux autres. Donc on fixe les règles au départ : au 1er Aïe on arrête et on présente ses excuses. Chahuter avec son enfant peut aussi être une occasion de leur montrer comment canaliser leur agressivité. Une fois cette décharge d’énergie passée voilà 3 petites activités à faire :

  • Respiration calme avec doudou ou un coussin poser sur le ventre pour le sentir se soulever et s’abaisser
  • Alternative: se prendre pour un océan. Allongé au sol sur le dos, placez un verre d’eau à moitié rempli sur son ventre. Grâce aux mouvements de sa respiration, il doit créer des vagues (mieux vaut d’ailleurs des vaguelettes!) dans le verre sans le renverser, sous peine d’être tout mouillé. Cette méthode aide à maîtriser son souffle.
  • Souffler sur les bougies doucement et longtemps pour ne pas faire gicler la cire.  On a tous des bougies chez soi en cette période de fête.

Bien sûr le temps de lecture des contes de Noël est toujours une activité qui calme les bouts en train, leur apprendre de nouveaux chants de Noël (parce qu’il existe autre chose que Petit Noël…), préparer des gourmandises de Noël pour les distribuer aux voisins, confectionner le centre de table du réveillon avec des choses trouvées dans la nature, restent des valeurs sûres parmi les activités dirigées à faire ensemble.

Un point important :  renvoyer lui toujours une image positive de lui-même. Votre bulldozer est dynamique et plein de vie, félicitez-le pour sa belle énergie et réjouissez-vous car il déploiera la même vitalité pour apprendre à se dépasser en grandissant. Souvenez-vous que le problème provient du comportement de votre bout de chou, pas de lui. Vos remarques et le regard que vous portez sur lui sont essentiels pour qu’il se sente bien dans sa peau et développe une belle confiance en lui.  Si vous lui signifiez continuellement qu’il vous épuise, il va se construire une image négative de lui-même, et c’est tout le contraire de ce que vous souhaitez. Acceptez qu’il ne soit pas comme vous. Si vous êtes plutôt d’un naturel calme et posé et que vous étiez un enfant tranquille, votre enfant lui, est différent et ne ressemble qu’à lui-même. 

Ne lui collez surtout pas l’étiquette, trop vite dégainée d’enfant hyperactif !  Si votre enfant est très actif mais qu’il peut aussi se poser pour écouter une histoire, faire de la pâte à modeler ou toute activité qui lui plaît, il est juste turbulent, stimuler par l’ambiance extérieur des préparatifs de Noël.

Par contre quand votre petit bolide prend un livre, se pose pour réaliser une activité, cesse de courir partout quand vous le lui demandez… félicitez-le chaudement ! Dites-lui qu’il peut être fier de lui.

Gérer la frustration des enfants

Il n’est pas rare que l’ouverture des cadeaux occasionne quelques jalousies : entre l’enfant qui n’a pas eu le cadeau qu’il espérait et celui qui trouve le cadeau de sa sœur beaucoup plus cool que le sien, il faut avoir les nerfs solides !

Savez-vous qu’en fait la frustration apparaît lorsqu’un désir n’est pas comblé ? C’est une étape nécessaire pour apprendre à gérer la colère. Nous ne pouvons pas éviter la frustration, d’ailleurs cela n’est pas conseillé car cette émotion qui participe à la construction de l’estime de soi.

De manière générale, l’enfant emmagasine des tensions tout au long de la journée qu’il libère et exprime devant sa figure d’attachement (la maman souvent mais le papa également). Si votre enfant vous exprime sa frustration, voyez cela comme une preuve de confiance et d’amour. Je suis d’accord avec vous ça n’en reste pas moins…agaçant !

Alors que faire ? Je vous invite à faire preuve d’empathie plutôt que de tenter de le consoler ou le raisonner. Tentez d’accompagner votre enfant dans l’acceptation de cette émotion désagréable pour lui apprendre à la gérer, laissez-le exprimer sa frustration, son mécontentement pour que son émotion “sorte“. Mettez des mots sur ce qu’il ressent en faisant des suppositions : j’ai l’impression…on dirait que tu…, reconnaissez son émotion, dites que vous le comprenez, ça l’aidera davantage à développer son intelligence émotionnelle.

Quand la surabondance sape la frustration

Souvent pour éviter la frustration de nos petites têtes blondes (ou brunes ou rousses) on a tendance à valider l’intégralité de leur liste de Noël. Cette surabondance de cadeaux qui prévaut aujourd’hui ne leur rend pas service. Il y a à mon avis urgence à réhabiliter les bienfaits du manque et de la frustration dans la construction de l’enfant.

Vouloir à tout prix combler l’enfant en lui offrant tout ce qu’il demande pour qu’il soit heureux risque de ne pas avoir l’effet attendu. En illusionnant l’enfant avec l’idée que son bonheur dépend de la satisfaction totale de ses désirs, on le condamne à l’insatisfaction perpétuelle et on l’éloigne de la réalité de la vie. Afin d’éviter la surconsommation et de limiter les dépenses, vous pouvez opter pour l’application de la règle des quatre cadeaux. Son principe est simple, il suffit de choisir un présent pour vos enfants dans chacune des catégories suivantes :

  • Une chose qu’ils ont demandé
  • Une chose dont ils ont besoin
  • Une chose qu’ils peuvent lire
  • Une chose qu’ils pourront porter

En restant dans cette configuration, vous évitez la surconsommation et permettez aussi à l’enfant de mieux comprendre la valeur des choses. Votre porte-monnaie s’en portera mieux et la planète aussi.

Enfin, les plus beaux cadeaux de Noël sont ceux qui ont trait au partage et qui boostent la confiance en soi. L’esprit de famille et l’entente du couple parental (même séparé) offrent un terreau fertile à l’épanouissement de l’enfant. Alors, plutôt que de cocher toutes les cases de la liste ou de passer toutes vos économies dans le gadget dernier cri, intégrez votre enfant aux préparatifs, décorez la maison avec lui, confiez-lui des tâches, laissez-le cuisiner et accueillir les invités. En plus de le responsabiliser et de lui donner le sentiment d’être capable, cela l’amène à passer du temps avec vous. Et, à ses yeux, c’est le plus grand gage d’amour.

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