Non, j’irai pas me coucher!

Non, j’ai pas faim!

Non, j’ai pas envie de mettre la table!

Ça fait 10 minutes que vous lui demandez d’arrêter de sauter sur le divan, et il continue ?

Il provoque, répond ou est insolent ?

 

Bref vous n’en pouvez plus ? Vous êtes à bout de patience ? Désespéré ?

Et si votre enfant était devenu accro…à l’attention négative?

Soyez rassuré, car aussi problématique que soit le comportement de votre enfant, il peut changer !

Il y a deux stratégies à envisager:

1-Arrêter le mauvais comportement quand il se produit

2-Prévenir pour que ce comportement ne se reproduise plus

Voyons d’abord ce que ne fonctionne pas:

  1. Crier: « Arrrrête! », « Noooon! »… Personne n’ a envie de répondre positivement à un ton exaspéré. Ça n’encourage pas la coopération et ça a même tendance à intensifier une situation négative.
  2. Se désintéresser et céder: Prétendre ne pas remarquer le mauvais comportement ou céder pour « avoir la paix » va faire croire à l’enfant qu’il est autorisé à enfreindre les règles et il les respectera de moins en moins.
  3. Répéter, menacer, soudoyer: ces réactions, qu’on pourrait penser assez naturelles, sapent notre autorité, en effet l’enfant va peut-être finir par obéir mais ce qu’il retient surtout, c’est qu’il n’est pas nécessaire de coopérer immédiatement… A l’opposé de ce que vous voudriez obtenir, non ? En le soudoyant vous lui apprendrez plus à se concentrer sur sa récompense que sur sa bonne conduite.
  4. Négocier: la négociation peut avoir des vertus mais quand c’est votre autorité qui est en jeu elle n’a pas lieu d’être, car votre enfant va vite faire l’assimilation que toutes les règles sont négociables et cela va devenir ingérable.
  5. Poursuivre votre enfant à travers la maison, s’il s’enfuit et ne veut pas vous écouter: jouer au chat et à la souris est une tactique fréquente chez les enfants pour montrer qu’ils sont plus agiles, plus rapides…plus forts! Donc ne le suivez pas vous lui donneriez davantage de pouvoir. Il reviendra à un moment donné et il sera temps de lui reparler.
  6. Lui demander de se contrôler: « Contrôle-toi! », « Calme-toi! », « Réfléchis! »… un enfant ne sais pas faire. C’est une habileté qu’il apprend petit à petit, au fur et à mesure qu’il grandit et que son cerveau se développe. Pour cela il doit apprendre aussi à tolérer la frustration, à écouter les autres…des apprentissages que vous l’aiderez à acquérir en faisant de l’écoute empathique/active.
  7. Les châtiments corporels: la violence n’est pas une option de l’éducation que vous voulez donner à votre enfant, elle est dégradante, humiliante, elle diminue l’estime de soi, érode la confiance parent-enfant.

Qu’est ce qui fonctionne pour le faire arrêter immédiatement?

  1. Proposez des alternatives: « Je vois que tu as envie de sauter, mais tu connais la règle on ne saute pas sur le divan. Tu veux jouer à la corde à sauter sur le balcon?/ Tu peux te déplacer comme un kangourou si tu veux sauter! ».
  2. Généralisez vos règles: Au lieu de lui crier  « Tu arrêtes de hurler » (en hurlant vous même…un peu contre-productif quand même!) vous pourriez lui dire: « Quand nous sommes dans l’appartement, nous devons tous parler sans crier même papa et maman, c’est pourquoi je te parle pour t’expliquer cette règle et que je ne crie pas ».
  3. Proposez des choix limités: Donnez à votre enfant la possibilité de choisir et pour vous simplifier la vie, limitez-vous à deux choix: « Je vois que tu aimerais bien continuer à jouer et que la règle du coucher et du rangement soit différente…Tu préfères ranger tes voitures dans la boite ou sur ton étagère? »
  4. Formulez vos propos sur un ton positif: il faut lui dire exactement ce qu’il doit faire, donc exit les « Laisse ça » « Arrête », « Cours pas! » optez plutôt pour: « Repose doucement le verre, s’il te plait »,  » Tu débordes d’énergie mais je te demande d’arrêter de sauter sur le divan maintenant », « Dans notre maison, on se déplace en marchant ».
  5. Donnez le bon exemple, en faisant une démonstration du bon comportement que vous souhaiteriez que votre enfant ait.
  6. Restez proche: Ne criez pas votre instruction d’une autre pièce, déplacez-vous et tenez-vous très près de lui. Vous constaterez que votre présence souvent alliée au contact visuel suffit pour que l’enfant se conduise mieux. On en profite alors pour le complimenter: « Je n’ai même pas eu besoin de te dire d’arrêter de jouer aux balles dans le salon, tu t’es arrêté tout seul ».
  7. Si votre enfant ne s’arrête pas dans les 5 à 10 secondes qui suivent votre instruction, résistez à l’envie de répéter votre instruction plus fort. Prenez plutôt des mesures: soit retirer l’objet, soit retirer l’enfant de la situation. Quand vous montrer que vous poursuivez par une action immédiate, votre enfant va voir que vous êtes sérieux. Dans ce cas 2 possibilités: il coopère, on le félicite avec un compliments descriptif: « Je suis très contente de voir que tu vas prendre un livre maintenant que je t’ai fait descendre du divan, je n’ai pas eu besoin de me répéter, tu deviens coopératif, merci ». Ou, autre possibilité, vous êtes confronté à la colère de votre enfant. Dans ce cas laissez-le pleurer et se plaindre mais au lieu de le distraire ou de le raisonner, consacrez quelques minutes à l’écouter avec empathie: « j’ai l’impression que ça te met très en colère que je te demande d’arrêter de sauter sur le divan…(pause) en même temps c’est la règle pour toutes les personnes de notre famille » et vous pouvez terminer sur un câlin.

Comment prévenir un mauvais comportement?

Il existe différentes techniques pour prévenir et minimiser les colères, pour qu’elles se produisent moins souvent, durent moins longtemps et soient moins sévères.

  1. Le front uni: se mettre d’accord avec votre partenaire sur les points ci-dessus mentionnés. Le fait d’être en phase apportera de la cohérence à vos demandes et du coup vos attentes seront mieux suivis par vos enfants.
  2. Faire preuve de proactivité: vos règles doivent être associées à une conséquence. Sans conséquence, un interdit a peu de chance d’être respecté. Le conséquences doivent être connues de l’enfant, lui être annoncées, être proportionnées, applicables et pourquoi pas graduelles. En étant proactif, vous ne serez pas pris au dépourvu quand il s’agira de passer à l’action
  3. Faire des discussions préparatoires pour enseigner à votre enfant le comportement que vous souhaitez qu’il ait. Ponctuellement et à distance des crises, évoquez la règle et interrogez-le sur comment il doit réagir.
  4. Inversez la tendance! Observez et mettez en avant ce que votre enfant fait de bien au lieu de vous focaliser sur ce qu’il fait de mal! Donnez-lui davantage d’attention positive en soulignant tous ses petits pas dans la bonne direction, il aura à coup sûr envie de poursuivre dans cette voie, car son ressort inné est de vous faire plaisir!

Alors oui parfois vous serez découragé, démuni, il vous arrivera peut-être de lui mettre une tape (et oui ça arrive même quand on a lu plein de choses sur son inefficacité, voire sa nocivité mais on reste humain et quand on en peut plus, on en peut plus…dans ce cas lire: https://mycoachparental.fr/je-me-sens-nulle-comme-mere/ et

https://mycoachparental.fr/mais-pourquoi-jy-arrive-pas-avec-mes-enfants/

Mais persévérez et si besoin faites-vous aider, l’harmonie de votre famille et le retour de relations plus apaisées en seront votre plus belle récompense!


Isabelle Pierce

Isabelle Pierce est coach parental et possède une expérience de 20 ans d’enseignement en maternelle, primaire et secondaire auprès de plus de 1000 élèves de 4 à 18 ans. Tout au long de ce parcours, elle s’est passionnée pour des approches complémentaires à la pédagogie classique, telles que : l’approche Montessori, les neurosciences et la PNL. Elle s’appuie aujourd’hui sur ses apprentissages, sur les conférences et les formations auxquelles elle continue d’assister pour aider les parents. Tous ces enseignements lui donnent des clés pour mieux communiquer avec les parents et pour mieux appréhender le comportement des enfants.