« Mon enfant a tout pour être heureux des jouets, des jeux vidéo, des vacances, des activités, des sorties ! Qu’est-ce qu’il lui faut de plus parce qu’il n’est jamais content !»

Beaucoup de parents ont le sentiment de tout faire pour les rendre heureux sans pour autant y parvenir. Comment cela est-il possible ? Est-il vraiment si difficile de rendre son enfant heureux ?

C’est quoi un enfant heureux ?

On confond souvent l’enfant consommateur, comblé de biens matériels, et l’enfant heureux. Bien sûr, un enfant a besoin qu’on satisfasse ses besoins, mais doit-on combler tous ses désirs ? Le plaisir immédiat est vite remplacé par une nouvelle envie, un nouveau désir. Répondre immédiatement à ses désirs, c’est le leurrer en lui faisant croire qu’il suffit de demander pour avoir.

Ne préférerions-nous pas lui enseigner l’acceptation de la réalité, l’acceptation des autres, l’acceptation de soi ? Car en fin de compte un enfant heureux, c’est un enfant qui s’accepte tel qu’il est, qui est capable d’être en lien avec les autres et qui compose avec les aléas de la vie. C’est donc un enfant confiant, optimiste et qui réagit positivement face à la frustration.

Mais certains parents refusent d’imposer des contraintes à leur enfant…On entend en effet souvent des parents dire : « Qu’il en profite, il a bien le temps de découvrir la dureté de la vie… ». C’est un refus de la réalité qui n’aide en rien l’enfant. La vie, ce n’est pas que du plaisir. Il doit savoir qu’à côté des moments de joie, à côté du rêve, il y a aussi des épreuves et des contrariétés.

Faire tout et plus… danger !

La plupart des parents font absolument tout, et même davantage, pour le bien-être de leur enfant. Le jour de leur naissance, la vie des parents bascule. Avant, ils se consacraient avant tout à leurs propres besoins et à leur propre bien-être. Mais en devenant parents, ils passent le plus clair de leur temps à faire des choses pour l’enfant. Quotidiennement, ils font en sorte qu’il soit propre, soigné, qu’il mange à sa faim, qu’il ne prenne pas froid, qu’il ait une belle chambre, qu’il ait des activités épanouissantes et des amis… La liste est interminable ! Parfois cela il finit même par prendre tellement de temps que les parents s’épuisent, sont au bord du burn-out ou de la crise de nerfs.

Il est extrêmement décourageant d’investir toute son énergie dans le bien-être de son enfant sans être certain que cela le rendra heureux….

Ce découragement peut aussi venir du fait que certains parents ont le réflexe de céder aux demandes incessantes de leur enfant, la plupart du temps pour acheter la paix… Acheter un énième jouet plutôt que d’être confronté à une crise… Une solution facile dans l’immédiat, mais qui pourrait avoir des conséquences pénibles à long terme.

En effet l’enfant qui voit tous ses désirs satisfaits va perdre le sentiment de limite. Or  les enfants ont besoin de balises, de limites claires pour bien se développer, sans quoi le risque, par la suite, est qu’il devienne un adulte qui ne sait pas accepter les limites que la vie lui impose. Il aura alors tendance à exprimer plus de colère, de violence, ou même à souffrir de dépression.

Il est bien sûr important d’entendre le désir de notre enfant. Cependant, tous ses désirs ne demandent pas à être comblés. En tant que parents nous avons le droit de dire « non » face à une demande de notre enfant d’une énième peluche qui va le satisfaire durant une journée, puis il l’a mettra de côté pour en redemander une autre.
Toutefois, ce « non » donnera lieu à une frustration qu’il conviendra d’accueillir: écoute des émotions, verbaliser que l’on comprend ce que ressent l’enfant… 

« Si l’enfant voyait tous ses désirs immédiatement satisfaits, il perdrait le sentiment des limites de lui-même et de son identité. » Isabelle Filliozat

Comment faire pour accueillir des désirs


Ne pas satisfaire un désir va provoquer une frustration chez l’enfant.

Il est important à ce moment là de le laisser exprimer sa colère, sa tristesse. Ce sont des émotions naturelles à la frustration.

Ce jouet que l’enfant voulait tant et qu’on lui refuse car la chambre est déjà pleine. Quelle tristesse pour l’enfant, qui lui s’en fiche de savoir qu’il a déjà 2 voitures télécommandées, il voulait celle là!!!

Accueillir le désirs c’est entendre son envie. « Tu avais très envie de ce jouet, tu aurais aimé l’avoir avec toi. »
C’est également entendre ses émotions: sa tristesse, sa colère.  » C’est vrai que c’est vraiment frustrant de ne pas avoir la voiture que tu voulais. »

L’enfant se sentira entendu, compris. Vous pouvez l’aider, l’apaiser, en faisant place à la créativité et l’imaginaire. 
 » Dis-moi ce que tu aurais fait à la maison avec cette voiture télécommandées? » 
Faire parler l’enfant de son désir permet de lui faire prendre forme, de lui donner une part de réel et d’importance.

Un seul besoin fondamental

Un enfant ne valorise pas les mêmes choses que ses parents. Vous passez du temps à faire de bons repas équilibrés et lui ne rêve que de pâtes et de frites. Il pourrait même en manger tous les jours. Vous passez du temps à laver ses vêtements, les repasser et les ranger soigneusement dans son armoire. Votre enfant lui se contenterait de 2 pantalons et de 2 tee-shirts et s’ils sont froissés et sales, il s’en fiche totalement.

Tout ce temps que vous passez pour eux n’est pas du temps avec eux.

Le temps partagé

Ce que souhaite votre enfant plus que tout au monde c’est du temps de présence pas du temps à s’occuper de son environnement et de son confort domestique.

Une simple petite chose manque aux enfants dont les parents sont débordés. Malgré tous les efforts de leurs parents, ils ne peuvent se sentir parfaitement à leur place pour une seule raison : leurs parents ne leur montrent pas à quel point ils sont importants pour eux… Du moins pas comme il le faudrait ! Tous les cadeaux, toutes les attentions, tous les soins du monde ne remplaceront jamais ce besoin fondamental : le besoin d’amour et de reconnaissance.

Essayez de mettre en place un rituel de temps partagé : 10/15 minutes par jour, tous les jours seul avec papa puis avec maman si vous êtes en couple, à jouer, à lire, à écouter de la musique, à faire les fous en se déguisant, en faisant une bataille d’oreiller… Un petit conseil : laissez de côté votre portable pour être tout à votre enfant…

En plus de renforcer le lien de confiance , ce temps partagé stimule une zone du cerveau qui contribue à rendre l’enfant plus créatif, motivé et curieux. Par ailleurs, ce temps partagé augmente son sentiment de joie de vivre.

Les moments privilégiés ainsi que les gestes d’affection et de tendresse amènent aussi l’enfant à se sentir aimé, apprécié et en sécurité. En grandissant, il se sentira bien dans sa peau et confiant, ce qui favoriserait le développement de ses habilités sociales. Selon les recherches en neurosciences, ces moments sont d’ailleurs essentiels à l’enfant pour bâtir et développer ses propres capacités d’affection.

Oser dire « Je t’aime »

Ce dont a besoin votre enfant, et ce qui va vous permettre de créer quelque chose d’irremplaçable dans votre relation, c’est de sentir qu’il est important pour vous.

Il est donc essentiel de le lui dire. Quand vous avez un petit moment de calme avec lui, dites-le. N’attendez pas qu’il accomplisse quelque chose d’exceptionnel ou qu’il se comporte bien. Montrez-lui qu’il est important et qu’il comptera toujours pour vous, quoi qu’il arrive. Vous pouvez aussi tout simplement lui dire que vous êtes bien en sa compagnie quand cela vous semble approprié. Pensez également à l’encourager : « l’encouragement est à l’enfant ce que l’eau est à la plante. Il ne peut pas vivre sans » Rudolph Dreikurs. Il est de notre devoir d’avoir une foi inébranlable dans les capacités et le potentiel de l’enfant. Cela passe notamment par le fait d’encourager les efforts et les stratégies utilisées en cas de réussite et d’orienter vers des stratégies plus appropriées et efficace dans le cas d’un échec.

Se sentir accepté inconditionnellement est la base fondamentale de l’épanouissement, de l’estime de soi et du bonheur ! CQFD

Catégories : Les émotions

Isabelle Pierce

Isabelle Pierce est coach parental et possède une expérience de 20 ans d’enseignement en maternelle, primaire et secondaire auprès de plus de 1000 élèves de 4 à 18 ans. Tout au long de ce parcours, elle s’est passionnée pour des approches complémentaires à la pédagogie classique, telles que : l’approche Montessori, les neurosciences et la PNL. Elle s’appuie aujourd’hui sur ses apprentissages, sur les conférences et les formations auxquelles elle continue d’assister pour aider les parents. Tous ces enseignements lui donnent des clés pour mieux communiquer avec les parents et pour mieux appréhender le comportement des enfants.