« L’encouragement est à l’enfant ce que l’eau est à la plante », écrivait Rudolf Dreikurs, père de la Discipline Positive comme approche éducative.

Je suis une vraie adepte du compliment descriptif, vous savez cette façon très factuelle d’encourager l’enfant en décrivant ce qu’il fait de bien sans emphase, pour ne pas tomber dans les compliments évaluatifs : « Génial, t’es trop fort ! » ou « Wahou, t’as déjà fini, c’est cool » qui ne donnent aucune indication à l’enfant sur le comportement qu’on souhaite qu’il ait. Donc, je préconise plutôt : « Tu as commencé à mettre tes chaussettes, ça m’aide vraiment d’avoir une grande fille autonome ».

Cette alternative assez puissante permet de porter un regard sur les progressions de l’enfant, en lui signifiant exactement qu’on les a remarquées. Cependant de nombreux parents sont vite à court de qualificatifs et peinent à trouver des compliments de façon spontanée. S’il est vrai que cette technique ne peut pas être répéter à chaque pas de fourmis que l’enfant fait dans la direction des comportements appropriés, au risque de devenir lassante et pour l’enfant et pour les parents, elle doit, à mon avis, rester prépondérante dans votre approche éducative. Mais, il y a d’autres façons de faire.

DIRE MERCI

Manifester tout simplement de la gratitude. Quand votre enfant vous aide à mettre les petites cuillères dans le lave-vaisselle : « Merci, c’est gentil de ta part ! ». Avec ce remerciement, il se sentira utile et plein d’estime de lui.

Pourtant, dire merci ne marche pas dans toutes les situations.

FAVORISER L’AUTO-ÉVALUATION

Comment accueillir un travail scolaire sans aucune erreur ou une leçon parfaitement sue ou même un résultat lors d’une compétition sportive ? Voilà une piste : « Tu es content de toi ? ». Demandez des détails sur la mise en œuvre du résultat : « Comment tu as fait pour apprendre tous les détails de cette leçon ? ». « Tu as mis quoi en place comme stratégie pour arriver 1er dans cette course ? »

Autre exemple quand votre enfant vous montre son dessin, aidez-le à tourner son regard vers lui-même : « Et toi qu’est-ce que tu en penses ? Qu’est-ce que tu préfères dans ton dessin ? »

SUPPOSITIONS, INCITATIONS ET CURIOSITÉ

« Et si tu appuyais moins avec ton crayon… »

« Et pourquoi ne pas mettre ton pyjama sous ton oreiller… »

« Je sais que tu peux y arriver, je serai fière de toi si tu arrives à ranger ta chambre »

« Est-ce que tu vois autre chose à faire pour que ta chambre soit bien rangée ? »

Vous valoriserez de ces façons, les initiatives et impliquerez votre enfant de façon active, tout en le faisant réfléchir

LA VARIÉTÉ EST IMPORTANTE

Avant tout, je pense que nos enfants ont besoin de variété dans l’expression de nos commentaires. Mais attention, ils ont un détecteur d’enthousiasme en très bon état de marche, et ils ressentent ce que nous éprouvons. Donc pas de leurre : « Oui, oui, c’est beau, merci ! » alors que vous n’y avez pas vraiment prêté attention, atteindra sa tête mais pas son cœur

En encourageant un enfant sans lui mentir, on lui apprend à avoir confiance en lui. Il faut lui expliquer que l’erreur est humaine quand il se trompe, que les échecs sont des choses qui arrivent et n’empêchent pas de rebondir.

Par contre la comparaison, notamment avec ses frères et sœurs, n’encourage pas un enfant. Au contraire ! C’est dévastateur pour l’estime de soi. Si vous le comparez à sa sœur qui a réussi telle ou telle chose, que va-t-il ressentir ? Tout simplement que vous ne lui faites pas confiance et que vous l’aimez moins car lui ne parvient pas à ceci ou cela.
En revanche, l’imitation avec les pairs peut être encourageante : si mon copain peut faire de la bicyclette alors moi aussi… et en plus je pourrai en faire avec lui. Donc on ne compare pas mais on incite.

Mais attention encourager un enfant, ce n’est pas lui faire plaisir en lui offrant des jouets ou en accédant à tous ses souhaits. Il ne sera pas plus boosté avec un gadget entre les mains. Cela lui plaira quelques jours seulement. Alors qu’offrir une petite pensée telle que « Je suis fière de toi » reste toute une vie et encourage pour longtemps. Elle apporte une pierre à sa construction, l’aide à avoir confiance en lui. Un enfant se sent alors capable de réaliser bien des choses. Les mots apportent plus de baume au cœur qu’un jouet ou un paquet de bonbons.

Enfin, gardons en tête que nous n’avons pas besoin d’exploit pour dire à notre enfant : « Tu vois, tu es capable d’essayer, tu peux être fier de toi.  Moi je le suis !»

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Isabelle Pierce

Isabelle Pierce est coach parental et possède une expérience de 20 ans d’enseignement en maternelle, primaire et secondaire auprès de plus de 1000 élèves de 4 à 18 ans. Tout au long de ce parcours, elle s’est passionnée pour des approches complémentaires à la pédagogie classique, telles que : l’approche Montessori, les neurosciences et la PNL. Elle s’appuie aujourd’hui sur ses apprentissages, sur les conférences et les formations auxquelles elle continue d’assister pour aider les parents. Tous ces enseignements lui donnent des clés pour mieux communiquer avec les parents et pour mieux appréhender le comportement des enfants.