Une réforme qui se veut plus égalitaire

Le 23 septembre 2020, la réforme familiale que (presque) tout le monde attendait a enfin eu lieu. L’Assemblée nationale a voté à la quasi-unanimité l’allongement du congé paternité à vingt-huit jours, dont sept jours obligatoires. Une avancée dont s’est réjoui son instigateur Adrien Taquet, secrétaire d’Etat chargé de l’enfance et des familles, la qualifiant de « petit moment solennel, une occasion historique ». Selon l’Elysée, cette mesure devrait permettre non seulement de consolider le lien père-enfants, mais aussi de renforcer l’égalité hommes-femmes dans la sphère aussi bien professionnelle que privée.

Bien sûr, d’autres ont regretté que la réforme ne soit pas plus ambitieuse. Ainsi, pour la consultante sur les questions d’égalité Nadege Dazy, « c’est un bon premier pas qui va dans une direction favorable. Néanmoins, ce n’est évidemment pas suffisant pour réellement faire changer les mentalités et les rôles sociaux de sexe. »

Où en sont les mentalités actuellement ? C’est ce qu’a cherché à savoir la faireparterie en interrogeant un peu plus de 1 000 parents français. L’étude sur le congé de paternité révèle que, si le rôle du père a incontestablement évolué, Papa et Maman ne sont pas forcément d’accord sur ce qu’implique cette évolution. Petit tour d’horizon.

Le papa moderne est plus impliqué dans l’éducation de ses enfants

Quatre parents sur cinq pensent que les pères d’aujourd’hui sont plus impliqués dans la vie de famille que ceux des générations précédentes, particulièrement en ce qui concerne l’éducation des enfants : 64 % des jeunes parents confirment que les pères sont bien plus actifs qu’autrefois dans ce domaine.

Là où le bât blesse, c’est que papas et mamans ne s’accordent pas tout à fait sur ce que cela signifie concrètement… ainsi, là où 72 % des pères estiment prendre activement part à l’éducation de leur progéniture, seules 56 % des mères approuvent ! Une disparité très marquante qui rejoint les conclusions d’autres études similaires : en ce qui concerne les tâches du foyer, si les pères ont nettement fait des progrès, ils semblent avoir une fâcheuse tendance à surestimer quelque peu leurs contributions.

Ainsi, une autre étude de 2017 révélait que 58 % des hommes de moins de 35 ans considéraient porter la responsabilité d’avoir un foyer propre et bien rangé. Inutile de préciser que leurs conjointes n’étaient pas exactement d’accord. Et en ce qui concerne les enfants, les papas ont tendance à préférer les tâches plus ludiques comme les conversations ou les jeux, alors que les mamans se dédient aux devoirs et soins quotidiens. Bref, les mentalités évoluent doucement, mais il reste encore du travail à faire !

Pourquoi les papas prennent-ils leur congé paternité ?

Plus de trois quarts des pères exercent leur droit au congé paternité. Les motivations sont variées, mais là encore, on constate que des différences de perception très nettes persistent au sein du couple. 74 % des femmes pensent en effet que la motivation première de leurs conjoints est de tisser un lien avec leur enfant. En réalité, seuls 41 % des hommes citent ceci comme raison principale : pour la majorité (70 %), il s’agit avant toute chose de soutenir leur conjointe. Pour 26 % des hommes, il s’agit même de faciliter le retour au travail de la mère – une raison que seules 6 % d’entre elles imaginent !

On notera aussi qu’apprendre à s’occuper de son enfant n’arrive qu’en troisième position dans la liste des priorités. Si les hommes ne rechignent pas aujourd’hui à prendre leur congé, beaucoup semblent considérer (consciemment ou pas) que s’occuper du tout-petit est une tâche qui incombe à la mère, qu’ils se contentent de « soutenir ».

Il y a néanmoins des raisons d’être positif : 76 % des parents sont favorables à l’instauration d’un congé parental commun à se partager entre père et mère. Cette mesure est déjà en vigueur dans des pays tels que la Suède et la Norvège, connus pour leur excellent bilan en matière d’égalité des sexes. Le fait qu’autant d’hommes souhaitent s’orienter dans cette direction indique que, s’il y a des progrès à faire, la volonté de changer est bien présente.

Comment les mamans peuvent impliquer davantage les papas?

Les pères jouent un rôle très particulier dans la vie de leur enfant car ils agissent souvent différemment des mères et cette différence est stimulante pour les enfants.

Il est donc essentiel de laisser le père participer aux soins et aux activités avec les enfants.

Parce qu’elles veulent le meilleur pour leur enfant, certaines mères ont tendance à dicter les manières de faire à leur conjoint. Si le père sent que ses actions sont toujours jugées négativement, il risque soit de se retirer et de laisser toute la place à la maman, soit d’être en conflit perpétuel avec elle.

En tant que maman, vous pouvez donc :

  • faire attention à ne pas prendre la place de votre conjoint;
  • laisser votre enfant seul avec son papa régulièrement;
  • accepter que votre conjoint agisse différemment de vous avec votre enfant;
  • valoriser ses bons coups. Avec lui, les enfants sont prêts pour l’école à l’heure (bon d’accord mini miss n’a pas de barrettes et mini man n’est pas coiffé…grave? Non. A part vous, personne ne le remarquera!) donc on l’encourage, on le félicite et on lui confie bien volontiers cette mission!
  • Encourager le dialogue. Dites ce que vous avez à dire, mais écoutez aussi votre partenaire.
  • Élever des enfants n’est pas une science exacte et tout le monde peut se tromper.

Alors les mamans, souvenez-vous que par vous, l’enfant apprend qu’il est le centre de l’univers (sans être votre univers tout entier!) et par le papa, qu’il existe d’autres univers !

Catégories : Et moi dans tout ça

Isabelle Pierce

Isabelle Pierce est coach parental et possède une expérience de 20 ans d’enseignement en maternelle, primaire et secondaire auprès de plus de 1000 élèves de 4 à 18 ans. Tout au long de ce parcours, elle s’est passionnée pour des approches complémentaires à la pédagogie classique, telles que : l’approche Montessori, les neurosciences et la PNL. Elle s’appuie aujourd’hui sur ses apprentissages, sur les conférences et les formations auxquelles elle continue d’assister pour aider les parents. Tous ces enseignements lui donnent des clés pour mieux communiquer avec les parents et pour mieux appréhender le comportement des enfants.