Quels sont les bienfaits et les risques des dessins animés pour nos enfants. En bonus comment éviter la crise lorsqu’on éteint la télé ?

Évolution du contenu: reflet d’une époque.

En regardant de plus près, force est de constater que les thèmes des dessins animés ont finalement peu changé : on y retrouve toujours des héros qui combattent le crime et sauvent l’humanité, des princesses qui rencontrent leur prince charmant, des mondes imaginaires, des châteaux et beaucoup d’animaux.
Outre les évolutions techniques évidentes, le principal changement concerne les héros, moins genrés qu’auparavant, même s’il y a encore du chemin à faire. De Blanche-Neige ou Cendrillon, parfaites petites reines du ménage, à Rebelle ( Disney-Pixar) ou encore Tiana (La Princesse et la Grenouille), femmes fortes et indépendantes, les dessins animés semblent être le reflet de leur époque. Les Totally Spies, superhéroïnes capables de sauver le monde au même titre que leurs homologues masculins, ont également marqué un tournant à ce niveau. La tendance est donc progressivement aux héros moins stéréotypés et aux dessins animés destinés aussi bien aux filles qu’aux garçons.
Depuis les années 2000, les héros « ordinaires » ont le vent en poupe. Titeuf, Cédric, Sourire d’enfer et bien d’autres. Ici, pas de superpouvoirs. Ils utilisent un langage jeune, vivent une vie normale et ont les préoccupations de jeunes de leur âge : l’école, les copains, la cour de récré, les conflits entre amis, des amourettes de préados, la relation avec les parents. Ces « antihéros » entraînent une identification forte de la part des enfants qui veulent leur ressembler.

Pourquoi les enfants adorent-ils les dessins animés ?

À travers les dessins animés, les enfants peuvent se comparer, vivre par imitation et entrer en empathie avec ce qu’ils voient. Le dessin animé peut également apporter des résolutions par rapport à leur propre vécu. Quelque part, ils s’identifient aux personnages et peuvent trouver des solutions à leurs propres questionnements. Le dessin animé permet aussi de rêver et de s’échapper du quotidien, de s’imprégner d’un univers nouveau, magique ou réaliste, qui attise la curiosité de l’enfant.
Il peut dès lors s’avérer très bénéfique pour l’enfant, pour peu qu’il soit adapté à son âge et à ses besoins. Un dessin animé, comme un livre, peut servir de support aux parents pour aborder un sujet sensible afin que l’enfant comprenne mieux ce qu’il traverse, ce qu’il a vécu, ce qu’il voit. Mais il est important que le parent ait un rôle d’accompagnateur, qu’il aide son enfant à assimiler cette information, à la remettre dans un contexte.
Tout comme la chanson qu’on écoute en boucle ou le film qu’on a déjà vu dix fois, il est courant qu’un enfant ait besoin de regarder plusieurs fois le même dessin animé. Il anticipe ses moments préférés, décortique l’intrigue dans tous les sens. Certains films entrent en résonance avec le vécu d’un enfant et cela peut lui faire beaucoup de bien.

Quels risques pour nos enfants ?

Attention toutefois aux généralités : tous les enfants n’adorent pas tous les dessins animés, et tous ne sont pas bénéfiques pour eux. Selon l’âge de l’enfant, son vécu, sa sensibilité, certaines scènes ou ambiances pourront le heurter, le déranger, voire le traumatiser. L’accompagnement est ici encore primordial et il est important que le parent garde un œil sur ce qui défile à l’écran.
Je déconseille fortement la télévision chez les enfants avant 3 ans. De nombreuses recherches prouvent en effet qu’elle n’a aucun impact positif chez les très jeunes enfants, au contraire. Il est maintenant prouvé que l’excès de télé chez les petits entraîne nervosité, dépression, insomnie, cauchemars… Alors, les dessins animés : oui, mais à petite dose et bien choisis.
 Il faut également une cohérence entre votre attitude et le cadre que vous donnez à vos enfants. En d’autres termes, si vous êtes addicts aux écrans, il n’y a pas de sens à limiter son utilisation chez votre enfant… De façon générale il vaut mieux éviter l’utilisation d’écrans quand vous êtes avec vos enfants, surtout lorsqu’ils sont en bas âge. Laisser la télévision allumée constamment, même en fond, est également nuisible pour l’enfant, qui sera happé et réduira ses temps de jeux.

BONUS

Trois conseils pour éviter la crise au moment d’éteindre la télé :

C’est classique : l’enfant est hypnotisé par son dessin animé et quand on l’arrête, c’est la catastrophe ! Pleurs, cris…on regrette presque d’avoir opté pour ce moment de tranquillité un peu facile… Alors que faire ?

  • Etre proactif et établir un petit contrat avant d’allumer la télé « Tu regardes ce dessin animé et puis on éteint la télé et ensuite on fera un gâteau/puzzle/mémory »… Faites-le alors reformuler ce que vous avez dit en lui posant des questions « Est ce que tu pourras encore regarder la télé quand le dessin animé sera terminé ? Que vas-tu faire après le dessin animé ? »… Ainsi l’enfant sait d’emblée qu’il y aura une fin et il sait ce qu’il fera après.
  • Le dessin animé ne doit pas devenir systématique pour pouvoir vaquer à ses occupations, il doit s’inscrire dans une démarche active, pédagogique et éducative. Donc, dans la mesure du possible on partage ce temps avec son enfant pour répondre à ses questions et l’interroger à posteriori sur ce qu’il en a pensé.
  • Favoriser le contenu plutôt que la période-temps : l’enfant sera frustré si vous arrêtez son dessin animé avant la fin. Mieux vaut sélectionner des épisodes si le dessin animé s’y prête.

Mes coups de cœur :

  • T’Choupi pour les 3-4 ans : T’Choupi est un petit pingouin qui ne se sépare jamais de son doudou. Les + : simplicité, douceur et accessibilté. Pas de scènes difficiles et des épisodes qui durent 5 minutes.
  • Pyjamasques pour les 3-4 ans : 3 héros ordinaires qui se transforment en superhéros à la nuit tombée. Un dessin animé intelligent et éducatif avec une fille dans le trio !
  • Les As de la Jungle pour les 5-7 ans : existe sous 2 formats : le long métrage et aussi des épisodes de 11 minutes. Une équipe d’animaux exotiques a pour mission de soutenir et d’aider les autres, le tout mêlé à beaucoup d’humour.
  • Ernest et Célestine pour les 5-7 ans : long métrage, très original et rempli de poésie qui raconte l’histoire d’une amitié improbable entre Ernest, un gros ours et Célestine, une petite souris.
  • Vice Versa pour les 7-10 ans : peut réunir enfants et parents ! Les émotions prennent la forme de personnages. Un bon support pour aborder certains sujets délicats avec ses enfants.

Certains dessins animés plus genrés peuvent véhiculer des messages peu moraux : stéréotypes, racisme, personnages sexualisés, importance de l’apparence…A regarder avec un esprit critique avec votre enfant pour aiguiser le sien, en partageant votre décodage de l’histoire.

Donc oui à la télévision mais avec discernement et en gardant en tête ces 4 points :

  • Pas de dessin animé même pour les tout-petits avant l’école ou la crèche, car à partir de 10 minutes de télévision le matin ou le midi avant l’école, l’enfant perd 1/3 à la moitié de ses capacités d’attention pour sa demi-journée scolaire.
  • Pas d’écran pendant les repas, pour permettre le dialogue en famille. En outre, cela permet de ne pas gaver les enfants devant la TV, sans qu’ils se rendent compte de ce qu’ils avalent. C’est nécessaire pour qu’ils apprennent à contrôler leur satiété.
  • Pas avant de se coucher, car la lumière des écrans empêche l’action de la mélatonine et donc l’endormissement et la qualité du sommeil.
  • Pas d’écrans dans la chambre, car vous n’y êtes pas toujours et vous ne pouvez alors pas contrôler le programme visionné ou rester à côté de votre enfant s’il est petit.

Pour aller plus loin, un autre article sur la gestion des écrans https://mycoachparental.fr/laddiction-aux-ecrans-peut-les-couper-du-monde-a-voir-absolument/

Catégories : La gestion des écrans

Isabelle Pierce

Isabelle Pierce est coach parental et possède une expérience de 20 ans d’enseignement en maternelle, primaire et secondaire auprès de plus de 1000 élèves de 4 à 18 ans. Tout au long de ce parcours, elle s’est passionnée pour des approches complémentaires à la pédagogie classique, telles que : l’approche Montessori, les neurosciences et la PNL. Elle s’appuie aujourd’hui sur ses apprentissages, sur les conférences et les formations auxquelles elle continue d’assister pour aider les parents. Tous ces enseignements lui donnent des clés pour mieux communiquer avec les parents et pour mieux appréhender le comportement des enfants.

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