L’éducation positive réservée aux mamans?

Lara a 38 ans, 2 enfants de 8 et 5 ans, elle est mariée. Elle m’a contacté pour un problème avec son aîné qui a tendance à répondre, rouspéter et refuser toute coopération. L’ambiance est devenue électrique entre elle et les enfants, entre elle et son mari… comme 80% des mamans elle fera ses consultations, seule. Monsieur n’est pas disponible et de toute façon, comme elle le dit, c’est elle qui s’attelle, la plupart du temps, à l’éducation des enfants, monsieur se réservant les loisirs et les recadrages quand Lara n’en peut plus ou n’y arrive plus… Lors de nos entretiens, elle m’a confié être découragée. La mise en oeuvre des solutions que je lui propose sont souvent sabordées par son mari qui déboule en hurlant sur les enfants alors qu’elle avait passé 10 minutes à essayer de dénouer la crise avec des mots, de l’empathie et de la fermeté. «  Je ne lui en veux pas, parce qu’il pense bien faire mais du coup, je me sens épuisée, pas entendue dans mes besoins d’harmonie... »

Lara se met la pression, l’éducation positive dont elle espérait beaucoup fait peser sur ses épaules un poids supplémentaire parce qu’elle ne se sent pas soutenue. Si elle n’arrive pas à instaurer un climat plus serein, ça sera donc de sa faute.

L’éducation positive ne prépare pas à la vraie vie…

Lara m’a fait part également des critiques de ses parents et aussi parfois de son conjoint, selon lesquels l’éducation positive ne préparerait pas les enfants à la « vraie vie ». Vous savez, celle des cris et de la colère quand l’enfant « n’obéit » pas, celle des punitions et des privations quand une bêtise a été faite mais aussi celle de rendre le coup quand il y a eu dispute dans la cour de récréation ou celle du  » Allez, c’est rien, pleure pas…« .

L’effet mode

Enfin Lara m’a dit aussi qu’elle s’était inscrite sur un groupe Facebook qui conseille l’éducation positive. Submergée de conseils de mamans qui cumulent éducation positive sans VEO (Violences Éducatives Ordinaires) et pédagogie Montessori si possible en IEF (Instruction En Famille), chez qui tout fonctionne très bien, qui ne dérogent pas aux « règles », Lara se sent fragilisée et sa confiance grignotée…

Réhabilitons l’éducation positive

Avec Lara, comme avec de nombreuses mamans, je tiens toujours le même discours: on ne peut pas être à 100% dans l’application des principes de l’éducation positive H24 ! L’éducation positive n’est pas un but à atteindre mais une boite à outils dans laquelle on peut piocher face à l’inventivité ou l’impulsivité de notre progéniture. Il est, en effet, rassurant de savoir sur quelle stratégie se reposer quand mon enfant se roule par terre au supermarché ou quand il prend le canapé pour un trampoline.

L’éducation positive ne prépare pas à la vraie vie? Tout dépend des valeurs que l’on défend et que l’on souhaite transmettre: écouter et partager, favoriser l’autonomie, accueillir les émotions et accepter les siennes, valoriser les réussites…ou punir, se faire obéir, instaurer un rapport de force…

L’éducation positive permet d’être à l’écoute de ses besoins et des besoins de son enfant en proposant un cadre ferme et bienveillant à la fois, elle pose des fondations solides. Mais tel un architecte parfois il y a besoin de changer les plans, parce que la vie est ainsi, pas complètement linéaire, pas complètement binaire.

Déculpabilisez !

Parfois, nos besoins de calme, d’harmonie sont remisées aux oubliettes et on a juste envie de crier à nos gamins: « STOP vous êtes insupportables, filez dans vos chambres!!! » Et là c’est grave Coach? Non, c’est salutaire! Le tout est juste d’en parler après la crise, dire le pourquoi et ce que vous avez fait pour évacuer ce stress.

Alors stop au discours de réussite! Si vous n’y arrivez pas tous les jours, ça ne veut pas dire que vous êtes un mauvais parent. Vous êtes juste…normale. On ne peut pas être dans la positive attitude et la slow life après une journée de bureau pourrie, un appel de belle maman qui y est allée de son énième conseil ou de chéri qui annonce qu’il ne mangera pas à la maison parce qu’il a tournoi de fléchettes, ou les trois à la fois!

Il n’y a pas une bonne façon d’être parent

Bricolez, tâtonnez, expérimentez et surtout souvenez vous que vous faites aussi de l’éducation positive sans vous en rendre compte quand vous l’écoutez vous raconter ses tracas, quand vous lui faites un câlin, quand vous lui proposez de sauter à cloche pied dans chaque carreau de carrelage plutôt que de sauter sur le canapé ou quand vous faites preuve de créativité pour que l’heure du bain ne se transforme pas en pugilat. Vous voyez, au fond de vous, vous avez de magnifiques ressources. Reprenez confiance dans vos compétences parentales et trouvez votre point d’équilibre!

Pour aller plus loin: https://mycoachparental.fr/charge-mentale-solutions-pratiques-pour-ne-pas-se-laisser-deborder/

Catégories : Le coaching parental

Isabelle Pierce

Isabelle Pierce est coach parental et possède une expérience de 20 ans d’enseignement en maternelle, primaire et secondaire auprès de plus de 1000 élèves de 4 à 18 ans. Tout au long de ce parcours, elle s’est passionnée pour des approches complémentaires à la pédagogie classique, telles que : l’approche Montessori, les neurosciences et la PNL. Elle s’appuie aujourd’hui sur ses apprentissages, sur les conférences et les formations auxquelles elle continue d’assister pour aider les parents. Tous ces enseignements lui donnent des clés pour mieux communiquer avec les parents et pour mieux appréhender le comportement des enfants.