Le TDAH est un trouble complexe et invalidant. Il comporte plusieurs symptômes associés au-delà des 3 plus connus : inattention, hyperactivité, impulsivité. Ces symptômes associés sont gênants pour l’enfant comme pour les parents. C’est le cas, par exemple de l’instabilité  émotionnelle : certains enfants connaissent une fluctuation des émotions très imprévisible. De même, certains enfants avec TDAH sont intolérants à la frustration : ils se mettent très rapidement en colère quand on leur refuse quelque chose. D’autre part, ils rencontrent souvent des difficultés pour respecter les règles et les consignes familiales, sociales ou scolaires.
Tout ceci peut entraîner des interactions négatives et des relations conflictuelles entre les parents et l’enfant. Les enfants sont souvent plus revendicatifs, ergotent ou cherchent à avoir le dernier mot ; ils se montrent défiants et exigeants. En réaction, les parents peuvent se montrer de plus en plus directifs, critiques et coercitifs et peuvent finir par avoir l’impression de passer leur temps à punir leur enfant. Le retentissement peut donc être important en termes d’estime de soi, déjà fragile chez ces enfants. Les parents éprouvent quant à eux des sentiments de frustration, de détresse et d’incompétence parentale. Le fonctionnement du couple et de la famille peut également s’en trouver altéré.

Le TDAH affecte donc aussi bien les interactions de l’enfant vis-à-vis de sa famille que celles des parents vis-à-vis de leurs enfants. Les parents vivent souvent un niveau de stress plus élevé lié à leur rôle parental et se perçoivent fréquemment comme moins compétents.

Quelques pistes pour faciliter la vie de chacun

Les outils que je propose visent à la fois:

  • à modifier certaines pensées et certains comportements que les parents peuvent avoir vis-à-vis de l’enfant,
  • à diminuer l’intensité des comportements inadaptés et surtout
  • à rétablir des relations plus sereines entre l’enfant et ses parents.

1/ Positiver

Mettre l’accent sur les bons comportements, pour donner de l’attention positive et développer chez lui, une image plus positive grâce aux compliments descriptifs.
N’intervenir que sur des mauvais comportements intolérables, faire la part des choses.
Apprendre à s’occuper de l’enfant quand il est gentil, calme et agréable.
Mettre en place le tableau à point.
Utiliser l’écoute empathique et dire son amour.
Mettre de l’humour dans son discours, leur apprendre l’autodérision (savoir se moquer de ses excès).

2/ Structurer

Mettre en place des rituels.
Découper le temps.
Découper les tâches, une seule demande à la fois.
Leur apprendre à réfléchir avant d’agir.
Apprendre à exécuter les demandes sans délais avec la méthode en 6 étapes.
Avoir des demandes claires.
Préparer l’enfant aux situations délicates en faisant de nombreuses discussion préparatoires.
Donner des limites.
Limiter ses propres exigences.
Etre très strict et constant sur une demande ou un refus.
Si l’on sait dès le départ que l’on va céder inutile d’offrir une résistance. Ne jamais laisser  croire à un enfant que son insistance ou son chantage fonctionnent.
Etre constant et clair.
Faire front ensemble dans un couple.

Quels aménagements prioritaires prévoir à la maison pour les enfants atteints de TDAH ?
  1. Avant tout, prendre en compte les facteurs aggravants: les troubles du sommeil, une mauvaise hygiène de vie (alimentation, sport) peuvent majorer ce trouble. Chacun sait que son attention baisse lorsqu’il manque de sommeil, et que ce manque peut également induire une irritabilité et une nervosité s’accompagnant d’une certaine agitation et bien c’est encore plus vrai chez les personnes diagnostiquées TDAH.
  2. Ensuite, il s’agit d’aider l’enfant à « compenser » ses difficultés. Dans le cas du TDAH, il s’agit de mettre en place avec lui des routines et rituels afin de lui permettre d’éviter les oublis ; il s’agit de l’aider à prendre conscience du temps pendant lequel il peut rester concentré et de lui apprendre à faire de courtes pauses lorsqu’il fait ses devoirs; il s’agit de mettre en place avec lui un environnement favorable à la concentration, sans « distracteurs » (ne pas installer son bureau devant une fenêtre, éviter la collection de posters face au bureau…).
  3. Le troisième axe est la prise en compte du fonctionnement de l’enfant dans son mode d’apprentissage.  Par exemple certains de ces enfants se concentrent mieux lorsqu’ils sont en mouvement (gigotent sur leur chaise, apprennent en marchant…). Il est important de respecter ce besoin à la maison (lui permettre d’apprendre debout ou en bougeant). Voir aussi mes articles sur les intelligences multiples très utiles pour les personnes TDAH https://mycoachparental.fr/test-les-intelligences-multiples/ et https://mycoachparental.fr/intelligencesmultiples/ . L’enfant hyperactif est en réalité très sensible aux stimulateurs sensoriels, mais également émotionnels. Incapable de les bloquer et se laissant facilement influencer par ceux-ci, il s’excite très aisément, voilà pourquoi il bouge. Pour endiguer cette énergie débordante, vous pouvez la transférer dans un seul objet : une balle antistress par exemple. Si vous le laissez l’utiliser pendant l’apprentissage de la leçon, il concentrera son énergie dans celle-ci et pourra se concentrer plus facilement. https://www.hoptoys.fr/troubles-de-l-attention-hyperactivite-tdah-tda-c-1148.html
  4. Le quatrième axe est la prévention/prise en charge des complications du trouble: angoisses de performance, démotivation et décrochage scolaire dû aux difficultés d’apprentissages et aux échecs répétés dans la scolarité ; prise de risques et consommation de produits toxiques à l’adolescence. Pour cela, il est indispensable d’être à l’écoute de l’enfant et de l’amener à verbaliser ses déceptions et souffrances en pratiquant l’écoute empathique régulièrement, voire quotidiennement! Il est également crucial de valoriser ses efforts, ces enfants étant bien souvent critiqués, et taxés de « flemmards », de « mauvais élèves », alors qu’il s’agit d’enfants qui ONT fait des efforts mais qui se sont découragés avec le temps.

Donc oui, le coaching parental peut être salutaire dans l’éducation de ces enfants. Cependant être parents d’enfants ou d’adolescents TDAH exige de bien connaître et comprendre ce qu’est le TDAH, c’est la condition première à une bonne prise en charge. Ensuite éduquer un enfant diagnostiqué TDAH exige de la part des parents une bonne dose de patience et d’amour conditionnel. Mais quand l’épuisement parental se manifeste, il est alors important de sortir de son isolement et de demander de l’aide aux différents professionnels.

Vous pouvez également lire cet article sur la gestion de l’hyperactivité https://mycoachparental.fr/comment-gerer-les-turbulences-de-mon-tdah/

Entretien avec le Dr Olivier Revol, chef du service de neuropsychiatrie de l’enfant à l’Hôpital neurologique au CHU de Lyon sur le TDAH et les « dys ».

Catégories : TDAH

Isabelle Pierce

Isabelle Pierce est coach parental et possède une expérience de 20 ans d’enseignement en maternelle, primaire et secondaire auprès de plus de 1000 élèves de 4 à 18 ans. Tout au long de ce parcours, elle s’est passionnée pour des approches complémentaires à la pédagogie classique, telles que : l’approche Montessori, les neurosciences et la PNL. Elle s’appuie aujourd’hui sur ses apprentissages, sur les conférences et les formations auxquelles elle continue d’assister pour aider les parents. Tous ces enseignements lui donnent des clés pour mieux communiquer avec les parents et pour mieux appréhender le comportement des enfants.