Être parent n’est pas inné, cela s’apprend !  Nos modes de vie ont bouleversé la parentalité. Et obligent les nouveaux parents à se remettre en question. Et si les parents retournaient à l’école? Pas pour réviser leurs tables de multiplication mais pour y apprendre… leur job de parent ! Au programme on pourrait trouver : comment s’affirmer de façon juste et bienveillante, mettre un cadre et des limites qui structurent et épanouissent l’enfant, gérer les tensions, les moments de crise ou les conflits en restant calme, comment accompagner ses enfants vers des relations frères-sœurs harmonieuses? Et si cette école venait à vous, sans que vous ayez à vous déplacer ? C’est possible avec les consultations en parentalité.

La plupart des parents qui me consultent ont une mauvaise image d’eux-mêmes. Le premier chantier consiste donc à leur redonner confiance. Puis à leur faire prendre conscience de l’impact de leur façon d’être avec leurs enfants. A priori, les enfants eux n’ont pas changé : ils rient, pleurent, s’agitent, s’énervent, jouent et aiment être câlinés par leurs parents. Alors, pourquoi les parents semblent-ils parfois dépassés par leur fonction ? Il suffit de regarder l’état de non-épanouissement de notre société : stress, pressions, vision à court terme, sollicitation constante par les écrans…, voilà le quotidien de la majorité des parents qui sont rincés par ce rythme frénétique et qui n’est pas sans impact sur leur progéniture. La pédiatre Catherine Guéguen pointe aussi du doigt le peu de temps d’échanges entre l’enfant et ses parents. Ainsi, les femmes consacrent en moyenne 1h37 par jour aux enfants, dont 13 min seulement aux loisirs avec eux (le reste se répartissant entre les soins, les déplacements et le travail scolaire) étude de l’Insee réalisée en 2014-2015. Les hommes passent en moyenne 44 min avec leurs enfants, dont 11 min de sociabilité. Comment un couple, seul, serait censé avoir toutes les réponses pour s’occuper de son enfant ? Difficile en effet. Les parents ont sans doute aujourd’hui plus qu’hier besoin de modèles et de guides. Les progrès considérables de la recherche en neurosciences de ces dix dernières années bénéficient aussi aux parents. Les parents ignorent le plus souvent comment un enfant se construit, ce qu’il est capable de faire, de comprendre. Les neurosciences affectives apportent de plus en plus de réponses à ces questions, notamment sur les émotions, l’affectivité, les relations aux autres, la vie sociale et déboutent l’« adultisme»  c’est-à-dire tous les comportements et les attitudes qui partent du postulat que les adultes sont meilleurs que les enfants, et qu’ils sont autorisés à se comporter avec eux de n’importe quelle manière, sans leur demander leur avis.  « C’est mon enfant, je fais comme je veux », pensent souvent les parents. Sauf que ce modèle vertical se répercute partout : dans le milieu du travail, dans nos comportements avec la nature, etc. Dans un rapport d’égalité, c’est-à-dire horizontal, ferme mais bienveillant, l’enfant n’est ni soumis ni passif, il évolue en interaction avec l’adulte. Chacun apprend et continue de grandir grâce à l’autre. Parents et enfants peuvent alors s’épanouir… ensemble !

Voici quelques conseils aux problématiques le plus souvent rencontrées en fonction de l’âges des enfants.

De 0 à 4 ans : Accompagner son éveil avec patience

Entre rappeler les règles pour le préparer à la vie en collectivité et le laisser s’exprimer pour explorer ses possibilités, la recette idéale de l’art d’être parent est un savant dosage… Lui offrir un cadre sûr et laisser ce petit être se découvrir librement tout en lui apprenant les premières normes sociales : voici quelques clés pour concilier, en douceur, ces fondamentaux qui peuvent paraître contradictoires.

IL S’OPPOSE CATÉGORIQUEMENT
Vers 2 ans, soudain, il ne veut plus mettre ses bottes ni son manteau. Cette phase peut ne durer qu’une semaine, le temps de vérifier : “Je ne suis pas à toi, j’ai le droit d’être moi ». L’opposition ne s’installe que si le parent refuse cette affirmation de soi. Si chacun reste campé sur ses positions, c’est le psychodrame. Beaucoup de parents pensent que la seule manière efficace de réagir à une crise est de l’ignorer. Une erreur au regard des travaux récents sur le cerveau des enfants. Mieux vaut leur dire calmement et avec bienveillance : « Tu dois être vraiment en colère pour agir comme ça, je sais que tu as envie de ce jouet/cette glace, mais je n’apprécie pas ton attitude. » Parfois, l’enfant est si bouleversé que son « cerveau du haut » (cortex préfrontal, ou cerveau analytique) ne répond plus. Son amygdale (qui génère ces émotions impulsives) l’a pris en otage. Dans ce cas, il faut se montrer patient et compréhensif pour l’aider à calmer son amygdale. Une fois qu’il est calmé, on peut traiter le problème avec raison et logique ou parler de comportement approprié et lui faire un câlin…https://mycoachparental.fr/comment-parvenir-a-stopper-les-crises-et-les-comportements-indesirables/

IL SE RÉVEILLE LA NUIT ET VOUS RÉCLAME

La mise en place du sommeil chez le tout petit est un processus long. Se réveiller deux ou trois fois par nuit à la fin de la première année est fréquent. Il est très difficile pour l’enfant de gérer son anxiété, seul. Afin de calmer cette alerte, il a besoin d’ocytocine, l’hormone qui détend et remplit. Un bon câlin et tout peut rentrer dans l’ordre. Les rituels du coucher sont très importants tout comme sa propre attitude. L’enfant est une éponge à émotion si vous êtes stressé, il le sera aussi. Et si on n’en peut plus ? Il faut passer la main (conjoint, grands-parents, amis…) ! https://mycoachparental.fr/les-10-commandements-pour-un-coucher-plus-serein/

IL VEUT FAIRE LA CUISINE, LE MÉNAGE…

Faites avec lui ! Accomplir ensemble des tâches utiles à tous nourrit le sentiment d’appartenance, procure la satisfaction de savoir-faire, le sentiment d’être utile et entretient l’estime de soi. Impliquer l’enfant dans la dynamique de la vie de famille l’aide à développer sa confiance en lui. Au lieu de leur demander de vous aider, ce qui est souvent accueilli par une fin de non-recevoir ! – proposez-leur plutôt de « faire ensemble», comme mettre le linge dans le tambour de la machine à laver. C’est reconnaître qu’ils ont un rôle.

IL N’EN FAIT QU’À SA TÊTE !

Alors on s’énerve, on crie, on menace, on punit, on met au coin. Parfois, c’est la fessée qui part. La violence éducative ordinaire commence dès lors que l’intention est de blesser physiquement ou psychologiquement son enfant pour lui faire comprendre quelque chose. Tirer un petit par le bras pour aller plus vite ou lui donner une tape sur la main, c’est déjà de la violence. Si un adulte nous le faisait, comment réagirions-nous ? Pour débrayer le mécanisme cri-sermon-punition, je vous conseille de vous poser trois questions, et de prendre le temps de répondre à chacune d’elles avant d’agir : « Pourquoi mon enfant a-t-il agi ainsi ? Quelle leçon est-il souhaitable de lui transmettre à cet instant précis ? Comment lui faire passer au mieux le message ?». Prendre le temps de se calmer, relativiser et écouter. Avec le temps les cadrages se feront de plus en plus rares. Vous formerez le cerveau de votre enfant afin de lui faire prendre de meilleures décisions. https://mycoachparental.fr/comment-gerer-les-crises-de-coleres-des-tout-petits/

IL SAUTE DANS LES FLAQUES ET SE SALIT…

Comment résister à cette tentation ? Regardez-le qui rit aux éclats, éclabousse tout le monde et tache son pantalon ! Accepter le mouillé, le sale, les taches, etc. est parfois difficile pour les parents, voire impossible. Mais à force de nous emmurer dans un environnement aseptisé, nous développons plus d’allergies et de maladies respiratoires. C’est aussi une occasion pour eux d’explorer leurs sens et leur corps dans l’espace. Alors laissons-les : cuisiner à la boue ou patauger dans la gadoue après la pluie. Plonger les mains dans la pâte à gâteau ou peindre sur leur corps sont aussi des moments de grande liberté pour ces petits qui reçoivent par ailleurs tellement d’ordres de cadrage.

IL VEUT GRIMPER SUR LE TOBOGGAN, COMME LES GRANDS

Avant 4 ans, certains parents vont chercher à l’aider. Or les enfants ont besoin d’éprouver leur liberté ! Si on leur dit : “Pose ton pied là”, l’enfant va transférer au parent la responsabilité de sa sécurité. En le laissant libre de grimper dès son plus jeune âge, l’enfant peut éprouver ses propres limites, à la hauteur de ses capacités physiques, là où il est en sécurité, et construire ses aptitudes, à son rythme. D’autres parents vont plutôt chercher à le protéger : « Ne grimpe pas, c’est trop haut ». Si protéger son enfant en lui donnant un cadre sécurisant est nécessaire, le surprotéger d’une réalité perçue comme menaçante n’est pas sans risques.

 

4-8 ans : L’aider à prendre confiance en lui.

Comprendre comment fonctionne votre enfant va vous permettre de l’aider à utiliser son cerveau en pleine évolution. L’objectif est de lui donner des clés qui l’accompagneront tout au long de sa vie.

IL EST DANS TOUS SES ÉTATS PARCE QU’IL VIENT DE SE FÂCHER AVEC SON MEILLEUR AMI

Notre premier réflexe, c’est de dire : « C’est pas grave », « Calme-toi ». En réalité, nous minimisons. Pire : nous nions le problème !  L’un des meilleurs moyens d’apprendre à son enfant à désamorcer les crises est donc de l’encourager à raconter sa pénible expérience et à nommer ses ressentis, grâce à l’écoute empathique. Face à la frustration, il est bien d’inviter l’enfant à la verbaliser, et à imaginer une autre solution. Autre point : expliquez-lui que les émotions sont passagères et qu’elles s’en vont comme les nuages après la pluie, votre rôle est de lui fournir un parapluie grâce à l’écoute active et les modèles que vous lui fournissez quand vous-même êtes en proie à des émotions négatives.

IL VEUT QUE VOUS JOUIEZ AVEC LUI MAIS VOUS N’EN AVEZ PAS LE TEMPS

Pourtant jouer est essentiel pour établir du lien s’amuser avec eux à la poupée ou au petit train leur donne l’opportunité de mettre en scène leur vécu. Lors de situations particulières, divorce, décès ou de difficultés à l’école, jouer permet aussi à l’enfant de mieux gérer ses émotions. Je conseille, de trouver un temps quotidien même court (15 min) pour partager avec lui un jeu. Petit conseil : un jour votre enfant choisit le jeu, le lendemain c’est vous.

IL PIQUE UN SCANDALE DANS UN LIEU PUBLIC

Vous n’osez pas élever la voix, vous optez donc pour le langage non verbal : l’index levé, vous le toisez d’un air sévère. En réalité, vous ne faites qu’empirer la situation. Quand nous éduquons par la menace, à travers nos paroles ou même notre posture, notre ton, nos gestes ou nos expressions faciales, nous activons les circuits défensifs du cerveau inférieur, reptilien de l’enfant et c’est l’escalade assurée ! Comment faire en pareille situation ? L’inviter doucement à se rapprocher de vous et à vous confier ce qui le perturbe. Mais le nec plus ultra en la matière est de faire une discussion préparatoire à chaque fois que vous envisagez qu’une situation pourrait devenir problématique (aller faire les courses, partir du parc de jeux, aller chez le médecin…)

8 à 12 ans: Le soutenir pour qu’il prenne son envol.

Votre enfant paraît déjà grand… et il l’est ! Mais attention, car un petit sommeille encore en lui.

C’est l’âge où il se confronte au monde extérieur pour construire son identité. Il est à la fois en quête d’indépendance et a besoin d’être rassuré. Il s’agit donc de trouver le bon dosage entre présence et respect de son autonomie.

IL NE RACONTE JAMAIS RIEN

Non, non il n’est pas forcément dépressif ! En phase de préadolescence, l’enfant est très préoccupé par son apparence et son désir d’appartenance au groupe, et son besoin de marquer son indépendance. D’un autre côté quand nous lui demandons comment s’est passée sa journée, la question est si vague que son cerveau ne sait pas quoi ni où chercher pour nous répondre, et nous récoltons un »comme d’hab » ou  »ça va ». Il ne s’agit pas d’échanger des informations pratiques (“Tu as préparé ton sac ?” ou “Tu as pris ta douche ?”), mais d’ouvrir un dialogue sur son vécu, ses préoccupations, ses interrogations. Parler avec lui d’un film qu’il aime, évoquer un événement vécu ou un livre peut approfondir vos échanges. Il partagera d’autant mieux ce qu’il ressent si vous lui donnez vos propres impressions. Et il se sent valorisé en tant qu’interlocuteur valable. Il prend alors confiance en sa capacité de comprendre et d’être compris.

TABLETTE, MOBILE, JEUX VIDÉO : IL NE LÂCHE PLUS LES ÉCRANS

Le numérique a révolutionné nos comportements. Chercher à l’en détourner peut entraîner une « fracture numérique » entre adultes et enfants. Vous pouvez leur faire une place intelligente. Avant 11 ans, les écrans doivent être utilisés dans un cadre posé par les parents, de manière négociée et collaborative.  Intéressez-vous aux contenus qui le fascinent. Jeux vidéo, smartphone, applis : quel est ce nouvel univers dans lequel il baigne ? Certains de ces outils permettent aussi de créer du lien : Skype est l’outil idéal pour relier la famille quand on est éloigné, avec des grands-parents ou des cousins. Mais intégrer ces outils nécessite un cadre, par exemple un temps défini par jour. L’autorégulation reste à l’ordre du jour. C’est à l’enfant de trouver son autonomie à l’intérieur de ce cadre. Donc des règles précises d’utilisation pour l’ensemble de la famille auront plus de chances d’être respectées. Il faut aussi organiser des moments en famille sans connexion, une balade sans portable, un dimanche sans jeu vidéo…https://mycoachparental.fr/laddiction-aux-ecrans-peut-les-couper-du-monde-a-voir-absolument/

«JE M’ENNUIIIIIIIE»…

Sa chambre déborde de jouets et, pourtant, cette litanie revient en boucle. Rien de grave ! Notre société ne supporte plus l’ennui et nous avons une très mauvaise image du “ne rien ‘’ faire alors que c’est vital. C’est face à cet ennui que l’enfant trouve ses solutions et cerne ses désirs. Si les parents bourrent l’emploi du temps de leur enfant, ils ne lui laissent pas la possibilité de prendre du temps pour se connaître. Surtout, ne secouez pas les puces de votre préado qui ne fait rien, car ces moments introspection sont très précieux.

 

Un parent parfait, ça n’existe pas ! Aimer et  élever ‘’correctement’’ les enfants est devenu un enjeu majeur dans les familles. Mais la contrepartie, c’est l’excès d’exigence envers soi-même : il faut savoir être indulgent dans sa fonction de parent. La responsabilité d’un adulte face à un enfant est de manifester de l’affection, de l’amour, et de mettre en place un cadre structurant, des règles claires pour grandir. Alors l’enfant pourra construire du sens.

Catégories : Le coaching parental

Isabelle Pierce

Isabelle Pierce est coach parental et possède une expérience de 20 ans d’enseignement en maternelle, primaire et secondaire auprès de plus de 1000 élèves de 4 à 18 ans. Tout au long de ce parcours, elle s’est passionnée pour des approches complémentaires à la pédagogie classique, telles que : l’approche Montessori, les neurosciences et la PNL. Elle s’appuie aujourd’hui sur ses apprentissages, sur les conférences et les formations auxquelles elle continue d’assister pour aider les parents. Tous ces enseignements lui donnent des clés pour mieux communiquer avec les parents et pour mieux appréhender le comportement des enfants.