Michael Phelps, de l’enfant hyperactif au nageur surdoué

Michael Phelps a vécu une enfance plutôt difficile. A l’école, il était la risée de ses camarades qui se moquaient de ses oreilles décollées. Fils d’un policier et d’une directrice d’école, il a été traité à la Ritaline pour soigner son hyperactivité. Sa maman a alors la bonne idée de l’inscrire au club local de natation. Il trouve refuge dans cette discipline qui pourtant ne lui plaisait pas beaucoup au début car il n’aimait pas avoir le visage mouillé… Sur le plan scolaire, c’est la galère. « Votre enfant n’arrivera jamais à rien », déclare à sa maman la prof d’anglais de Michael.

En 2016, il termine sa carrière sur un total de… 30 médailles aux JO, dont 23 médailles d’or, qui en font le sportif le plus titré et le plus médaillé de l’histoire des JO.

Alors, avec un tel palmarès, on pourrait être tenté de se dire que son succès était tout tracé, non ? Un physique rare, parfaitement adapté à la natation, une discipline sportive démarrée tôt, un enfant repéré de façon précoce par un entraîneur visionnaire…

Pourtant, sur son chemin, Michael Phelps a rencontré et surmonté une difficulté que je viens de citer : Michael a été diagnostiqué TDAH à l’âge de 9 ans.

 

Alors, comment a-t-il apprivoisé cette difficulté, pour en faire une force ?

Voici ce qu’en dit sa maman, Debbie Phelps dans une interview donnée au journal ADDitude, Strategies and support for ADHD & LD :

“Un jour, un de ses enseignants m’a dit que Michael était incapable de se concentrer sur quoi que ce soit”. Alors j’ai décidé de l’emmener chez un spécialiste… et le diagnostic est tombé : TDAH.

“J’ai senti le sol se dérober sous mes pieds. Et puis ça m’a donné envie de montrer à la terre entière qu’ils avaient tort. Je savais qu’en soutenant Michael, il pourrait réussir tout ce qu’il déciderait d’accomplir”

L’engagement de cette maman a commencé auprès de l’école de son fils pour qu’il obtienne le soutien dont il avait besoin. “Chaque fois qu’un enseignant me disait “Michael ne sait pas faire ceci ou cela” je lui répondais “ D’accord, et que faites-vous pour l’aider ?”

Alors quand Michael rentrait de l’école et qu’il avait un mot dans son cahier disant qu’il ne cessait de piquer le cahier de son voisin de table. Sa mère exigeait qu’il soit assis seul à une table.

Quand elle l’entendait rouspéter parce qu’il détestait la lecture, Debbie a eu l’idée de lui donner à lire la section sport du journal, puis des livres parlant de sport.

Quand elle a constaté qu’il ne s’en sortait pas en maths, elle lui a fait prendre des cours particuliers en demandant au prof de lui poser des problèmes qui l’intéressaient “Combien de temps te faut-il pour parcourir 500 mètres, si tu nages 3 mètres par seconde ?”

Pendant les compétitions de natation, la mère de Michael Phelps lui a patiemment appris à rester concentré, en insistant sur les conséquences de son comportement. Elle se rappelle ainsi du jour où, à 10 ans, il est arrivé 2ème d’une course et en a jeté ses lunettes de rage sur le bord de la piscine.

“Sur le chemin du retour, je lui ai rappelé que le fair-play était aussi important que de gagner. Alors on s’est mis d’accord sur un signal que je pourrais lui faire des gradins : chaque fois que je lui faisais un C avec mes mains, ça voulait dire “Calme toi, garde le contrôle”. Chaque fois que je le voyais commencer à s’énerver, je lui faisais un C… et un jour c’est lui qui m’a fait un C quand je m’énervais en préparant le dîner à la maison !”

Ce que Debbie Phelps a remarqué, c’est que le comportement de son fils s’est calmé et qu’il a développé une autodiscipline de plus en plus forte à mesure que sa passion pour la natation grandissait.

“Ces 10 dernières années, il n’a jamais raté un jour d’entraînement. Même le jour de Noël, la 1ère chose qu’il fait, c’est d’aller nager parce qu’il adore ça”

Debbie Phelps raconte aussi qu’elle a écouté et fait confiance à son fils, même quand elle avait un doute. A 12 ans, il a voulu arrêter les médicaments qu’il prenait depuis 3 ans pour contenir son hyperactivité. Malgré son appréhension, elle a accepté d’essayer… c’était le bon moment et cela s’est bien passé. L’agenda de Michael très structuré par les entraînements et les compétitions suffisait à le canaliser et lui a permis de rester concentré sans traitement. D’autre part ses capacités psychologiques bluffent son entraineur. « Michael est capable de visualiser sa course six à huit semaines avant l’échéance, raconte le coach. Il peut décrypter ses mouvements en se voyant les faire depuis l’extérieur du bassin. Il visualise ses épreuves des centaines de fois et parvient à se corriger et à répondre aux problèmes qui pourraient survenir. »

Grâce à toutes ces stratégies Michael Phelps a pu également poursuivre ses études à l’Université du Michigan où il a obtenu un diplôme en marketing et management du sport.

(Retrouver l’intégralité de cet entretien librement traduit ici par Isabelle Pierce https://www.additudemag.com/michael-phelps-adhd-advice-from-the-olympians-mom/)

Que peut-on retenir de cette histoire ?

Première chose, pas de conclusion hâtive ! Ce n’est pas parce que votre enfant a des difficultés à l’école ou parce qu’il est TDAH, qu’il va réussir par le sport. Non bien sûr, tous les enfants en difficulté à l’école ne sont pas des sportifs en puissance. Par contre le sport peut apporter des améliorations au niveau de l’inattention, de l’hyperactivité et de l’impulsivité. Il contribue au bon développement du corps et de l’esprit, il améliore la motricité et la préhension des objets. Il apporte une dimension psychologique avec une meilleure estime de soi, une diminution du stress et un sentiment plus grand de bien-être. Sur le plan cognitif, l’activité physique accroît la sécrétion de dopamine ce qui a des effets positifs sur les capacités d’attention. Et puis d’un point de vue social, le sport engage l’enfant dans un processus actif et stimulant qui peut modifier son comportement avec les autres et améliorer ses rapports sociaux, tout en encourageant le respect et en entraînant une baisse des attitudes provocatrices.

Mais la morale en 3 points que je retiens de cette histoire et la suivante :

  • Chaque enfant, quelques soient les difficultés qu’il rencontre, est doté de talents uniques.
  • Il est plus facile de travailler sur les points faibles d’un enfant une fois qu’il a trouvé sa passion, qu’il commence à prendre conscience de son talent. Car alors, il a une formidable motivation pour travailler sur les points faibles qui freinent sa progression.
  • Parents, révélez le trésor qui est en votre enfant, ce trésor que vous savez voir alors que les autres passent à côté !

Bref, en tant que parents, nous pouvons faire une très grande différence dans la vie de nos enfants quand nous voyons en eux un potentiel, là où d’autres voient un problème. Alors donnons-leur davantage d’attention positive au lieu de se focaliser sur leurs difficultés ou sur ce qu’ils ne font pas bien. Observons-les, allons à la découverte de leurs intelligences multiples pour mettre en lumière leurs ressources et leurs richesses.

Articles complémentaires: https://mycoachparental.fr/enfant-tdah-vous-pouvez-maide/

https://mycoachparental.fr/test-les-intelligences-multiples/

Catégories : TDAH

Isabelle Pierce

Isabelle Pierce est coach parental et possède une expérience de 20 ans d’enseignement en maternelle, primaire et secondaire auprès de plus de 1000 élèves de 4 à 18 ans. Tout au long de ce parcours, elle s’est passionnée pour des approches complémentaires à la pédagogie classique, telles que : l’approche Montessori, les neurosciences et la PNL. Elle s’appuie aujourd’hui sur ses apprentissages, sur les conférences et les formations auxquelles elle continue d’assister pour aider les parents. Tous ces enseignements lui donnent des clés pour mieux communiquer avec les parents et pour mieux appréhender le comportement des enfants.