Chez les enfants de moins de 3 ans et jusqu’à 6 ans les activités multisensorielles sont déterminantes pour son développement cognitif et affectif et ça les écrans ne peuvent pas leur offrir!
Mais d’un autre côté, ne diabolisons pas les écrans chez les plus grands et les ados. Il faut leur apprendre à les apprivoiser et encourager les bonnes pratiques.

Alors mettez en place les bonnes résolutions pour la famille en ce début d’année scolaire : fini le téléphone jusqu’à pas d’heure le soir, ce sera lecture ou dodo à la place ! Adieu le smartphone pendant les devoirs, objectif concentration maximale ! Finie la PS4 en libre service, ce sera désormais uniquement sur demande, et une fois les devoirs faits !

Mais il ne faudra pas se reposer sur ses acquis car il peut être difficile de maintenir les efforts dans le temps.

Bien que vous soyez déterminés à changer l’usage des écrans de vos enfants, vous vous heurtez parfois à une telle opposition de leur part que vous finissez par assouplir voir abandonner vos bonnes résolutions…

C’est alors le retour à la case départ : vous vous retrouvez, de nouveau, à faire la chasse au portable le soir, à appeler 15 fois votre enfant pour qu’il arrête de jouer à la console et qu’il vienne faire ses devoirs.

Comment changer l’usage des écrans chez les enfants, et ce, durablement ?

On me demande souvent si cet objectif est irréaliste… Les écrans sont tellement présents et envahissants dans notre vie quotidienne que l’on peut facilement se décourager devant l’ampleur de la tâche. Et pourtant, combien de parents rêveraient d’une soirée où il n’est pas nécessaire de rappeler à l’ordre leurs enfants sur l’usage des écrans !

Pour vous aider dans votre démarche, voici comment vous y prendre:
  1. Commencez par vous intéresser à ce que vos enfants font sur leurs écrans. Avez-vous plutôt un enfant qui aime jouer à des jeux vidéos avec des copains (réels ou virtuels) ? Ou au contraire, avez vous un ado qui est plus sur Facebook, Instagram ou Snapchat ? Faites parler votre enfant. La plupart d’entre eux adore raconter ce qu’ils font dessus, surtout sur les jeux vidéo. Pendant cette phase d’enquête, tenez-vous informés : lisez quelques articles sur les jeux que votre enfant utilise, allez voir des vidéos de son YouTuber préféré, ou regardez de plus près le fonctionnement des réseaux sociaux qu’il utilise. Le but n’est pas de vous enthousiasmer vis à vis de ce que qu’il fait, mais plutôt de lui dire ce que vous en pensez: « A ton avis pourquoi Instagram remporte un tel succès et que Facebook est à la peine? » « Tout le monde parle de Vero, le nouveau réseau social qui monte, tu en penses quoi, toi? »
  2. Faites le point sur ce qui se passe bien et ce qui se passe moins bien avec votre enfant : repérez les fois où il suit les règles de la maison, même si c’est encore limité. Peut-être ne mange-t-il plus avec les yeux rivés sur son portable mais le portable est toujours présent sur la table, ou peut-être accepte-t-il de laisser le portable devant la porte de sa chambre même s’il l’utilise encore assez tard dans la soirée. Notez aussi les fois où la situation est plus tendue parce que votre enfant a du mal à arrêter, ou les fois où vous trouvez que l’usage du téléphone ne vous convient pas, comme par exemple pendant les devoirs.
  3. Félicitez votre enfant  toutes les fois où il respecte les règles, ou toutes les fois où il y a du progrès (même minime). Par exemple, vous pouvez lui dire « Tu respectes toujours la règle pas d’écran pendant le repas » ou encore « Tu es venu(e) dans les 10 minutes après que j’ai dit de poser ton téléphone et de venir à table. » « J’ai vu que tu n’as pas regardé ton téléphone pendant tout le temps où tu apprenais ton cours, tu étais concentré(e) sur ton travail. »
  4. Une fois cette phase d’observation passez à l’élaboration des règles, en concertation avec votre conjoint (si vous êtes en couple) car vous savez maintenant quels points vous voulez changer. Afin d’avoir l’adhésion de votre enfant, faites le collaborer en lui proposant des choix restreints: « Tu peux jouer sur la PS4, 3h par semaine, comment souhaites-tu t’organiser? ». Pensez lors de cette élaboration que les devoirs, l’exercice physique, les activités ludiques (mais non virtuelles ou par écrans interposés) passent toujours avant les écrans. On évite les écrans le matin avant de partir à l’école et 1h avant l’heure du coucher.
  5. Mettez en place des récompenses ! Si l’enfant respecte les règles, il peut gagner du temps d’écran, s’il ne les suit pas, il ne le gagne pas ! Par exemple, il a mis la table toute la semaine sans rechigner, il peut obtenir 10 minutes d’écran supplémentaires. Ce système de récompense doit être connu de votre enfant au moment de l’annonce des règles. Ne présentez pas cela comme une carotte mais comme un outil de la démarche globale que vous voulez mettre en place: avoir des règles claires, préparer votre enfant à ce qui est attendu de lui et à ce qu’il peut gagner, et le motiver par des compliments descriptifs et votre appréciation.

N’oubliez pas de vous inclure dans ce bilan de l’usage des téléphones et autres appareils électroniques, car l’exemplarité en éducation n’est pas une option…

Alors si votre enfant vous semble vraiment accro, si vous ne savez pas comment vous y prendre pour mettre en place ces bonnes pratiques ou si vous préférez être proactif et souhaitez réfléchir aux solutions avant que les problèmes ne se posent, contactez-moi!

Voici une vidéo très instructive!

Pour tous les parents qui donnent des tablettes ou smartphones à leurs enfants

Publiée par Ahlem Abadli sur Dimanche 11 février 2018

Infographie app-enfant.fr

Catégories : La gestion des écrans

Isabelle Pierce

Isabelle Pierce est coach parental et possède une expérience de 20 ans d’enseignement en maternelle, primaire et secondaire auprès de plus de 1000 élèves de 4 à 18 ans. Tout au long de ce parcours, elle s’est passionnée pour des approches complémentaires à la pédagogie classique, telles que : l’approche Montessori, les neurosciences et la PNL. Elle s’appuie aujourd’hui sur ses apprentissages, sur les conférences et les formations auxquelles elle continue d’assister pour aider les parents. Tous ces enseignements lui donnent des clés pour mieux communiquer avec les parents et pour mieux appréhender le comportement des enfants.