On n’a jamais parlé autant des émotions, il faut dire qu’elles sont au cœur des neurosciences affectives, discipline rendue populaire par les médias et la pédiatre Catherine Guéguen qui les a parfaitement vulgarisées dans ses ouvrages.
Bienveillance, éducation non-violente, parentalité positive, empathie… vous en avez sûrement déjà entendu parler. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Pourquoi les émotions de l’enfant font de plus en plus partie du discours éducatif ?

 L’éducation bienveillante et la gestion des émotions

L’éducation bienveillante est une méthode éducative née dans les années 60 de l’autre côté de l’Atlantique et qui depuis une petite dizaine d’années se démocratise lentement en France.
Le psychologue américain, Dr Haim G. Ginott (1922-1973) bien avant l’arrivée de neurosciences avait compris que les émotions devaient être au cœur de l’éducation et c’est ainsi qu’il a basé sa pédagogie sur la bienveillance.

Accompagner un enfant vers l’âge adulte, demande de la patience, de la tolérance et beaucoup d’amour. Parfois cet accompagnement ne va pas de soi car le rôle de parent s’apprend au fil des expériences et des années par tâtonnement. Les compétences parentales ne sont pas innées, offrir des outils est donc l’objectif premier de la méthode éducative qu’il préconise et dont se sont inspirées les auteures Adèle Faber et Elaine Mazlish qui étaient membres des groupes d’aide aux parents qu’il avait mis en place.

Son idée de base était de pouvoir poser un cadre dans lequel l’enfant puisse s’épanouir.
Ces outils, développés par le Dr Ginott, prennent en compte les besoins et les compétences de l’enfant, en fonction de son développement psychomoteur et affectif.
L’objectif pour les parents n’étant pas de chercher l’inaccessible, ni la perfection (existe-t-elle ?) mais plutôt de développer une relation positive avec son enfant, avec le lot d’erreurs inévitables qui jalonne l’apprentissage.

Pourquoi faut-il accompagner les émotions de l’enfant ?

La peur, la joie, la tristesse, la colère, font partie des 4 émotions primaires auxquelles s’ajoutent le dégoût et la surprise, elles naissent toutes d’un état de conscience qui survient face à une situation donnée et s’accompagnent de signes physiologiques comme la transpiration pour la peur, les larmes pour la tristesse, le sourire ou le rire pour la joie. Elles vont influencer notre développement social, nos interactions, notre comportement.

Voici une courte vidéo explicative:

On sait maintenant depuis une dizaine d’années grâce aux neurosciences l’impact des émotions sur le cerveau. Aujourd’hui, on dispose d’un nombre important d’études de neuro-imagerie qui permettent de comprendre avec une précision croissante quelles structures du cerveau nous font ressentir la peur, la joie, mais aussi des émotions plus complexes, telles que l’embarras, la culpabilité ou l’empathie.
On sait aussi depuis peu que notre capacité à gérer ces émotions évolue en fonction de la maturation du cerveau.

Un jeune enfant, dont le cortex préfrontal arrivera à maturité vers…25 ans (il s’agit d’une moyenne), ne pourra pas s’occuper seul de ses émotions, il lui faut un apprentissage. C’est l’un des rôles des parents, d’accompagner l’enfant à prendre conscience de ses émotions et de savoir comment réagir. En effet avant 5-6 ans, l’enfant est gouverné par ses émotions. Il peut se rouler par terre pour avoir ce qu’il aime, être traversé par des peurs incontrôlées, des chagrins immenses. Ce n’est pas de la comédie ou du caprice. Et ce n’est que progressivement qu’il sera capable de prendre du recul. À condition d’avoir été compris et apaisé par ses parents.

Aider les parents à accompagner les émotions

Qui ne s’est jamais trouvé démunis face à l’intensité des émotions de son enfant ? Parfois on ne les comprend pas et parfois nous sommes nous-mêmes envahis par nos propres émotions. D’où l’intérêt de parler à l’enfant des émotions qui nous traversent pour lui montrer comment on les gère. Si on exprime notre colère en hurlant, en faisant usage de la force, c’est ce que l’enfant apprendra et reproduira. Les nier ou les minimiser entraînera des émotions refoulées et pourra provoquer plus tard des troubles psychosomatiques.

Connaitre et utiliser l’écoute empathique, apprendre les compliments descriptifs, les encouragements, le renforcement positif mais aussi connaitre les différents stades du développement social, psychomoteur, affectif et cérébral des enfants sont autant d’outils qui pourront vous aider à mieux préparer et gérer ses situations.

Il me parait aussi fondamental dans cet accompagnement que les parents intègrent bien et transmettent bien que les émotions sont des affections temporaires et mouvantes. Que se sont des états et non des traits de caractères. Non, un enfant qui est triste n’est pas un pleurnicheur, non, un enfant qui a peur n’est pas une poule mouillée, l’un et l’autre peuvent aussi être drôles, gais et pleins de vie.  

Pour comprendre, recevoir et accompagner les émotions de l’enfant, il faut commencer par connaitre les siennes et faire un point sur sa propre éducation et les valeurs que nous souhaitons transmettre. C’est un travail à faire le plutôt possible avec le conjoint, si vous êtes en couple, afin de parler d’une même voix et d’apporter davantage de cohérence à votre projet éducatif.

Prendre conscience que les enfants ne se contentent pas de mimer leurs parents grâce aux neurones miroirs, ils assimilent aussi les états internes par les neurones éponges, est également important. Avez vous remarqué que lorsque vous êtes stressé ou nerveux, vos enfants le sont aussi? Les scientifiques appellent se phénomène la contagion émotionnelle. Bonne nouvelle: le sourire aussi a un pouvoir magique et reste la meilleure parade pour déjouer les émotions dites négatives. Prêts à essayer ?

Catégories : Les émotions

Isabelle Pierce

Isabelle Pierce est coach parental et possède une expérience de 20 ans d’enseignement en maternelle, primaire et secondaire auprès de plus de 1000 élèves de 4 à 18 ans. Tout au long de ce parcours, elle s’est passionnée pour des approches complémentaires à la pédagogie classique, telles que : l’approche Montessori, les neurosciences et la PNL. Elle s’appuie aujourd’hui sur ses apprentissages, sur les conférences et les formations auxquelles elle continue d’assister pour aider les parents. Tous ces enseignements lui donnent des clés pour mieux communiquer avec les parents et pour mieux appréhender le comportement des enfants.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *