Les 3 clés des compétences psychosociales à transmettre aux enfants: émotions, empathie et pensée critique.

On entend de plus en plus parler de compétences psychosociales dans la sphère éducative comme levier pour une citoyenneté plus harmonieuse, qui permettrait à l’enfant de tisser des liens sains avec les autres, tout en ayant confiance en soi.

Mais une compétence psychosociale, c’est quoi ?

La notion de compétences psychosociale (CPS) a été introduite par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 1993 :

« Les compétences psychosociales sont la capacité d’une personne à répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne. C’est l’aptitude d’une personne à maintenir un état de bien-être mental, en adaptant un comportement approprié et positif, à l’occasion des relations entretenues avec les autres, sa propre culture et son environnement.
Les CPS ont un rôle important à jouer dans la promotion de la santé dans un sens plus large, en termes de bien-être physique, mental et social. »

En clair, les compétences psychosociales sont des habilités, des aptitudes qui permettent d’être acteur et auteur de sa vie au quotidien. Elles sont utiles dans toutes les situations relationnelles de la vie quotidienne, pour répondre de manière adéquate aux situations, pour apprendre à ne plus les subir, à devenir acteur, et choisir comment y répondre. 

Ceci nous amène dans notre rôle de parent à accompagner l’enfant dans ses choix, à le valoriser, le responsabiliser, l’encourager s’il se trompe.

 Les CPS développent également une capacité d’adaptation à son environnement. Nous sommes confrontés à des changements, dans la société et dans notre environnement proche. Ce qui nous oblige à toujours plus d’adaptabilité. Pour ce faire nous avons besoin d’ouverture d’esprit, de créativité, d’esprit critique et de capacité à résoudre les problèmes qui se présentent à nous.

Voilà les grandes lignes des compétences psychosociales.

Adaptées à l’éducation ça donne quoi et quel est l’intérêt de les favoriser ?

Chez les enfants, on peut travailler sur 3 compétences comprises dans les CPS :

  • Les compétences émotionnelles qui font référence à la capacité à gérer son stress et ses émotions. Elles se rapportent au degré d’efficacité avec lequel on réagit au facteur stress et qui nous amène à retrouver un état de calme.
  • Les compétences sociales et relationnelles qui recouvrent la capacité à communiquer efficacement et faire preuve d’empathie, à formuler et recevoir des critiques et résoudre ses problèmes pour améliorer ses relations interpersonnelles.
  • Les compétences cognitives qui, elles désignent la conscience de soi et la capacité d’adopter une pensée critique et créative.

    Le renforcement des CPS chez l’enfant va donc favoriser son développement global (émotionnel, relationnel et cognitif) et augmenter son bien-être. En consolidant les CPS d’un jeune, on favorise son adaptation sociale et sa réussite éducative, grâce à une meilleure estime de soi, des capacités de résilience, de meilleurs résultats scolaires, un faible niveau d’anxiété et de dépression. Beau programme non ?

Pour y voir plus clair et comprendre comment ça marche je vous propose 5 exercices en fonction de l’âge de vos enfants (entre 5 et 10 ans +)

Exercice #1 – Savoir résoudre les problèmes et savoir prendre des décisions


Il s’agit ici d’apprendre à faire face aux problèmes rencontrés, car les problèmes non réglés peuvent être source de stress, de fatigue et d’insatisfaction. Il s’agit ici, également d’apprendre à effectuer des choix, en évaluer les différentes options et obstacles potentiels et d’élaborer un plan d’action adéquat.

Dans ces compétences, on trouvera des stratégies de prise d’initiatives, de prise de décision.
On y trouvera également la coopération, l’échange, la réflexion individuelle et collective pour atteindre un objectif, mener à bien un projet ou régler un problème.

Exercice suggéré : LE DÉFI DES SOLUTIONS (à partir de 8 ans)

Consigne : à partir d’une situation-problème définie par le parent, l’enfant doit imaginer toutes les idées, suggestions et solutions pour relever le défi de départ. Dans un second temps, il sélectionne les idées réalisables et pour finir, il « expose » sa ou ses solutions. À l’issue et en concertation avec les parents, on vote pour la solution retenue, la « meilleure idée ».
Exemples : Comment diminuer les conflits autour des écrans à la maison ? Comment améliorer le temps des devoirs ? Comment mieux vivre se émotions ?
L’enfant ou l’adolescent imagine pendant un temps les solutions, s’aide au besoin de ressources (Internet, adulte…) puis les écrit, et ensuite en fait une présentation imagée, mise en scène ou simple.
Un échange et un vote à la fin permettra de valider la ou les solutions à tester.

Cet exercice permet de solliciter la créativité de l’enfant, le responsabilise et le rend acteur des solutions à trouver face aux problèmes qu’il rencontre.
 

Exercice #2 – ​Avoir une pensée créatrice et avoir une pensée critique


Avoir une pensée critique, c’est d’abord réfléchir avant d’aller chercher une réponse toute faite, c’est analyser les faits d’une manière plus objective.
La pensée créative nous aide à prendre des décisions, à résoudre des problèmes à envisager des possibles, en explorons des alternatives, en s’appuyant sur son imaginaire et sa pensée.

La pensée critique, c’est être capable de se poser des questions et de se remettre en question. Cette pensée critique nous aide à nous construire, à nous affirmer face à la pression sociale, et à développer son adaptabilité, son originalité, sa curiosité, son imaginaire et sa confiance en soi.


Exercice suggéré : L’ARGUMENTAIRE POUR/CONTRE (à partir de 10 ans)

Consigne : à partir d’une idée de départ, l’enfant donne des arguments pour et contre. On peut l’aider à formuler ces arguments. L’idée peut être suggérée par lui ou émane d’un sujet d’actualité dans la vie de famille. 

Exemple : Avoir son téléphone portable au collège : une bonne idée ? (tricher à un contrôle/harceler un autre enfant…). Il est important d’expliquer à l’enfant qu’il devra chercher des arguments pour (qui vont sans doute être faciles à trouver) ET des arguments contre quitte à se faire aider par ses parents.

Objectif éducatif : que l’enfant développe sa propre pensée et prenne position sans se laisser influencer par la pression sociale. Cet exercice peut aboutir à un échange avec les parents qui vont par leurs questions susciter la réflexion de leur enfant. 

Exercice #3 – ​Savoir communiquer efficacement et être habile dans les relations interpersonnelles


Savoir communiquer, c’est être capable d’exprimer sa pensée, de délivrer un message de façon adaptée. C’est aussi respecter les besoins de l’autre, et les siens. C’est faire l’usage d’une communication positive, responsable et respectueuse de chacun. C’est être capable d’exprimer son besoin, comme par exemple demander de l’aide.
C’est aussi être capable d’écoute et faire preuve d’empathie vis-à-vis des autres.

Cette compétence permet de développer des relations saines, constructives et durables avec les autres et participe au bien-être social et mental de la personne.


Exercice suggéré : Le message clair (à partir de 8 ans)

Consigne : à partir d’une situation problème, l’enfant doit formuler un message clair pour se faire comprendre. On peut y ajouter l’expression d’une émotion si l’enfant est en mesure de l’exprimer.

Exemple : La situation problème est tirée du quotidien : ton frère t’arrache le jeu des mains, ta sœur répète ce que tu dis, détourne la tête quand tu parles, etc. On peut suggérer un format de phrase type comme : quand je/tu fais/dis cela… je me sens (facultatif)…; alors j’aimerais que…/ je te demande de…

Objectif éducatif : que l’enfant s’exerce à une communication positive et efficace. 

Exercice #4 – ​Avoir conscience de soi et avoir de l’empathie pour les autres


Pour avoir une relation satisfaisante et une communication efficace, il est important d’apprendre à se connaître. Découvrir ses qualités, mais aussi ses faiblesses, ses valeurs et ses centres d’intérêts, son caractère, etc.
Mieux se connaître, c’est savoir s’appuyer sur ses forces personnelles pour gérer les points de difficulté et les faiblesses.
Avoir de l’empathie, c’est être capable de se mettre à la place de l’autre pour ressentir ce qu’il ressent et être capable d’adapter sa réponse en fonction. Ces capacités permettent de monter la qualité des relations avec les autres. Dans une situation de conflit, ces capacités permettent de sortir du rapport de force et d’ouvrir des solutions au lieu de chercher à avoir raison.

C’est un bon moyen pour désamorcer les tensions.


Exercice suggéré : L’empathie en lisant (à partir de 6 ans)

Consigne : à partir d’une histoire, d’un conte, d’un récit sur un thème choisi, l’enfant devra exprimer les émotions qu’il pense que le personnage ressent. Le parent pose des questions à l’enfant pour l’inciter à se mettre à la place du personnage et exprimer ses émotions.

Exemple : la lecture se fait avec un parent qui s’arrête à un moment de la lecture ou le personnage vit une situation qui provoque une émotion (joie, fierté, colère, tristesse, déception, etc.). Le parent pose des questions : que ressent X d’après toi ? Qu’aurais-tu envie de faire à sa place ? Comment te sentirais-tu si tu étais à la place de X ?

Objectif éducatif : que l’enfant développe sa capacité d’empathie et apprenne à exprimer ses émotions. 

Exercice #5 – ​Savoir gérer son stress et ses émotions


Savoir gérer son stress ce n’est pas de fuir et encore moins le nier. Il faut le reconnaître, être capable d’en déceler les signes, les causes et ses manifestations.
C’est aussi apprendre à le réguler en passant par des compétences d’intelligence émotionnelle. C’est-à-dire être capable d’identifier et d’exprimer ses besoins, de reconnaître ses émotions et de les utiliser de façon adaptée.
C’est être aussi capable de diminuer son stress et gérer les émotions désagréables, mais également de développer et apprécier les émotions agréables qui sont une ressource importante de la vie.

En résumé, il s’agit de faire de ses émotions des alliées, et non des ennemies.



Exercice suggéré : Les émotions dans le corps (à partir de  5 ans)

Consigne : proposer à l’enfant pour chaque émotion évoquée de dire comment il se sent dans son corps. Pour les plus jeunes, mieux vaudra le faire au moment où l’émotion survient et en ne prenant que les émotions de base (joie, peur, colère, tristesse). Avec les plus grands, on peut réaliser cet exercice en dehors de la situation émotionnelle vécue et en nuançant les émotions (déception, frustration, humiliation, ennui, soulagement, etc.)

Exemple : Comment te sens-tu dans ton corps quand tu es joyeux/triste/inquiet/fâché ? Où se passent les sensations ? L’enfant désigne les parties du corps concernées, y prête attention et dit avec ses mots ce qui se passe.
Pour aller plus loin, il peut être proposé d’imaginer ce qui pourrait aider à se sentir mieux (pour les émotions désagréables) ou de retrouver la même émotion (pour les émotions agréables).

Objectif éducatif : que l’enfant repère comment les émotions se manifestent en lui, prenne conscience de ses sensations et apprennent à les réguler

Je vous laisse expérimenter et adapter ces scénarios. Vivez l’expérimentation comme un moment de partage avec votre enfant, dans l’écoute et la bienveillance.

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