Tu as des devoirs?

Tu as fait tes devoirs ? ?

Tu n’as pas fini tes devoirs ? !

Pourquoi les devoirs sont souvent un sujet de tension ?

  1. En quittant le giron familial pour l’école, l’enfant est exposé aux regards extérieurs. Ces regards, les parents (plus souvent les mamans, d’ailleurs) les appréhendent car ils peuvent écorner l’image de leur enfant et donc avoir une répercussion sur leur propre image. On a souvent tendance à surinvestir l’image de notre enfant et l’école, le monde extérieur va nous rappeler à la réalité… Confrontés au décalage entre l’enfant rêvé et l’enfant réel, les parents vivent le moment des devoirs comme source de stress. Ce lien famille/école que sont les devoirs, sur lesquels les parents peuvent avoir une emprise, devient un vrai enjeu : si on réussit à faire travailler son enfant on se sentira « bonne mère » par contre si ça se passe mal, on se sentira échouer dans notre rôle de « bonne mère ». Je parle des mamans car les papas ont souvent plus de distance par rapport aux devoirs…souvent…mais pas toujours ! Les devoirs vont donc influer grandement sur les relations entre les membres de la famille.
  2. Mais cet énervement peut être fondé… Les parents qui travaillent, courent après le temps, ont envie que les devoirs se fassent le plus efficacement et le plus rapidement possible. Donc on arrive déjà dans un état de tension quand on se penche sur le cahier de texte et si vous rajoutez à cela indisponibilité intellectuelle souvent réelle mais parfois feinte de l’enfant, tous les ingrédients sont alors réunis pour que le temps des devoirs deviennent sulfureux.
  3. Revêtir l’habit de professeur peut réactiver chez certains parents leur propre vécu avec les devoirs et la scolarité en général. Les anciens très bons élèves vont être dans l’incompréhension face à leur enfant qui peine et les parents qui ont eu une scolarité chaotique vont revivre l’expérience avec angoisse.

Quelles sont les solutions?

Afin d’éviter que ça se passe mal, que des mots terribles, qu’on regrette ensuite, soient prononcés, il faut mettre en place des techniques qui vont permettre à votre enfant de gagner en confiance, en autonomie et en maturité.

  1. Soyez honnête et parlez de votre ressenti à votre enfant. « Jusqu’à présent je m’énervais pendant les devoirs mais on va réfléchir ensemble à ce qu’on pourrait mettre en place » ou bien « tu sais c’est difficile pour moi parce que ça me rappelle de mauvais souvenirs, on va trouver quelqu’un pour t’aider » . En parlant de vos émotions vous créez un lien avec votre enfant qui le sécurise.
  2. Établissez un rituel pour préparer son cerveau! Faire une rupture après le retour à l’école, c’est nécessaire pour faire une vraie transition. Activités et discussions pendant ce temps là ne doivent pas tourner autour de l’école. Il faut avoir goûter, jouer un peu mais pas d’écrans. Les écrans sont trop addictifs et empêcheraient l’enfant de se concentrer correctement. Réservez-les pour après. Écrivez les règles des devoirs: horaire, durée, organisation…cette rigueur favorise les apprentissages. Pour la durée comptez 10 minutes par année d’école: CP 10 minutes, 3ème 90 minutes.  Vous pouvez lui mettre un réveil ou un TimeTimer pour qu’il visualise le temps, si cela peut l’aider. S’il a fini avant, n’en rajoutez pas ! Par contre des pauses peuvent être envisager pour aller boire un verre d’eau, manger un fruit, mettre 5 pièces sur un puzzle commencé…
  3. Avant les devoirs désencombrez le cerveau de votre enfant en lui demandant comment s’est passée sa journée. Si la journée s’est mal passée, il aura du mal à se mettre aux devoirs, donc écoutez-le.
  4. Préparez un environnement propice au travail. Où souhaite-t-il travailler? Chambre? Salon? Cuisine? Assis parterre? Avec une musique de fond (et pas à fond!)? Avoir le matériel nécessaire (dans le matériel, le téléphone portable n’est pas inclus!).  Bref voyez ensemble l’ambiance qui lui est la plus agréable pour travailler.
  5. Soyez disponible pour l’accompagner, pas pour faire les devoirs à sa place! Regardez ensemble les exercices à faire, demandez-lui comment il va s’organiser, puis vaquez à vos occupations en lui précisant toutefois que vous êtes là s’il a besoin d’aide. Une fois le temps imparti écoulé, vérifiez avec lui le travail effectué. Ne lui apportez pas les solutions mais apprenez-lui à se poser des questions: « Tu dois conjuguer ce verbe, sais-tu à quel groupe il appartient? ». A court terme, cette démarche lui offre la satisfaction de voir qu’il possède en lui des moyens de résoudre ses problèmes et à long terme cela va lui permettre d’acquérir autonomie et méthodologie de travail.
  6. Lâchez les brides, oui c’est l’enseignante qui vous le recommande! Si vous avez bien établi le rituel et les règles votre enfant va vite apprécier l’ambiance sereine des devoirs et gagnera en autonomie. Si votre enfant a encore du mal, demandez lui de faire un exercice sur deux par exemple et faites un mot à l’enseignante pour expliquer la situation. Il est toujours préférable de faire un exercice en entier, même si le résultat n’est pas celui attendu, que de tous les commencer sans aller au bout. Évitez également de l’interrogez sur ses notes, les notes des copains…il y a d’autres sujets que l’école! Rappelez-vous que bon ou mauvais à l’école, votre enfant est intelligent ! ( Allez voir mes articles sur les intelligences multiples ici https://mycoachparental.fr/test-les-intelligences-multiples/). Vous lâcherez d’autant plus facilement les brides quand vous aurez fait des discussions préparatoires avec votre enfant pour vérifier qu’il a bien mémorisé l’organisation des devoirs.
  7. Encouragez votre enfant et chassez les fausses croyances! Ne collez pas d’étiquette à votre enfant: il est nul en maths, c’est un fainéant… Ces croyances limitent la réussite scolaire. Par contre, encouragez-le: « J’apprécie vraiment quand tu te mets à tes devoirs à l’heure, tu fais preuve de responsabilité » ou « cette poésie est difficile à mémoriser mais tu l’as récité avec le bon ton ». Afin d’asseoir sa confiance vous pouvez mettre en lumière avec votre enfant tous les dons qu’il a. Rappelez lui tout ce qu’il sait déjà, toutes les compétences qu’il a acquises alors qu’il disait qu’il n’y arriverait pas. Évitez de le comparer aux autres mais par contre valorisez ses progrès.
  8. Permettez à votre enfants de faire ses devoirs en dessinant, ou en chantant. Il peut très bien réciter sa table de multiplication en sautillant ou bien la chanter (là aussi je vous invite à visiter ma page sur les intelligences multiples https://mycoachparental.fr/test-les-intelligences-multiples/
  9. Récompensez ses bons résultats mais ne punissez pas ses échecs. On pourrait croire que certains enfants se moquent d’avoir des mauvaises notes, mais c’est faux. Elles représentent une vraie frustration et imposer une punition ne ferait que porter atteinte à sa confiance en lui.
  10. Limitez votre niveau d’exigences ! Les devoirs sont faits mais l’écriture laisse à désirer…est-ce dramatique? NON. On encourage et on utilise un subterfuge si vraiment on est embêté: « Mission accomplie, devoirs terminés, tu as fait preuve d’efficacité, par contre tu as une façon singulière de faire les F…montre moi comment tu fais…ah oui! je vois tu prends les sens interdits…je te montre et tu réessaies après, OK ? ». Comprenez que des attentes trop élevées peuvent générer de l’inhibition et que par crainte de l’échec votre enfant se restreigne dans sa prise d’initiative. Invitez-le plutôt à progresser par étapes.

Les devoirs ne s’apparentent pas nécessairement à une bataille… Avec ces stratégies l’attitude de votre enfant et la vôtre peuvent se transformer et permettent à tous de retrouver davantage d’harmonie. Je dois quand même vous dire un secret…ça n’empêchera sans doute pas votre enfant de ne jamais aimer faire ses devoirs (soyez honnête, vous avez aimé vous ?) mais il peut apprendre à trouver une satisfaction à faire de son mieux, à atteindre des objectifs et parfois à les surpasser!

Voici une vidéo de Stanislas Dehaene, neuroscientifique, auteur du livre Apprendre! https://www.amazon.fr/Apprendre-talents-cerveau-d%C3%A9fi-machines/dp/2738145426/ref=asap_bc?ie=UTF8.

Catégories : École

Isabelle Pierce

Isabelle Pierce est coach parental et possède une expérience de 20 ans d’enseignement en maternelle, primaire et secondaire auprès de plus de 1000 élèves de 4 à 18 ans. Tout au long de ce parcours, elle s’est passionnée pour des approches complémentaires à la pédagogie classique, telles que : l’approche Montessori, les neurosciences et la PNL. Elle s’appuie aujourd’hui sur ses apprentissages, sur les conférences et les formations auxquelles elle continue d’assister pour aider les parents. Tous ces enseignements lui donnent des clés pour mieux communiquer avec les parents et pour mieux appréhender le comportement des enfants.

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