Le contexte difficile du moment fait qu’on a parfois du mal à rester optimiste et les enfants s’imprègnent de cet état d’esprit. On a alors tendance à dissimuler les problèmes à notre progéniture pour les épargner. Parce qu’on se doit d’aller bien, parce qu’on est les détenteurs de leur bien-être…Et voilà qui rajoute une petite couche à notre charge mentale.

Mon point de vue : je crois intimement que faire des détours pour éviter certaines émotions, c’est diminuer ses chances d’être bien dans sa vie, dans sa vie de parent, dans sa vie de couple, dans sa vie professionnelle. Alors, je vous invite à considérer un autre angle de vue et à envisager l’optimalisme comme méthode éducative. Vous verrez ça aide à lâcher prise et à se dédouaner de l’emprise du perfectionnisme parental !

L’optimalisme, c’est quoi ?

L’optimalisme, vient du terme « optimum », qui signifie « le plus favorable pour atteindre un but déterminé ». Ce terme a été décrit par Tal Ben-Shahar, professeur en psychologie positive dans son livre L’apprentissage de l’imperfection, livre que j’ai adoré. L’optimalisme c’est donc la capacité à percevoir l’échec comme un élément naturel de la vie, tout en nous poussant à vouloir bien faire les choses sans l’injonction de la perfection. En d’autres termes, il s’agit d’un état d’esprit qui consiste à atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés en faisant le meilleur usage possible des ressources personnelles et des capacités dont nous disposons. Les parents optimalistes vont donc considérer les échecs et les émotions négatives comme faisant partie de leur vie, au même titre que les expériences positives. Ils ont une vision raisonnable de la réussite et savent l’identifier partout où elle se trouve, dans les félicitations de ses supérieurs, dans un mail de remerciement, dans un sourire de son conjoint, un « merci maman » ou un bisou. Alors vous allez me dire : Mais oui bien sûr, qui n’est pas optimaliste. Tellement ça semble évident ! Lisez la suite…

Comment cultiver votre optimalisme et celui de son enfant ?

  • Parents, soyez bienveillants envers vous-mêmes

Essayez de porter un regard plus conciliant sur vous-mêmes. Autorisez-vous à être humain, avec tout ce que cela implique. Lorsque vous sentez poindre une émotion négative ou que vous essuyez un échec, n’essayer pas d’enfouir vos réactions naturelles : avouez-vous ce que vous ressentez et analysez objectivement la source de ces émotions.

En pratique : Si vous sentez que l’expression de ces émotions vous amène à vous juger négativement, pratiquez un petit exercice simple. Imaginez-vous en tête à tête avec votre meilleur ami. C’est lui, et non vous, qui a vécu la situation qui vous pose problème, et ressent les émotions négatives qui en découlent. Comment réagiriez-vous ? Que lui diriez-vous ?  Sans doute chercheriez-vous à le rassurer sur le fait qu’échouer et ressentir une émotion négative est totalement normal, et n’enlève rien à sa valeur en tant que personne. Alors pourquoi vous juger différemment de votre meilleur ami ? Essayez d’appliquer à vous-même les conseils que vous pourriez lui prodiguer !

  • Cultivez la lucidité positive de vos enfants

Ne cherchez pas à protéger l’enfant de tout ce qui est désagréable, cela serait contre-productif. Il sentirait que vous lui caché des choses et ne ferait que l’inquiéter.

En pratique : Ne pas nier ce qui vous inquiète sans pour autant avoir un discours exagérément défaitiste, car il y a toujours des raisons d’espérer. J’aime bien l’idée d’encourager l’enfant à envisager des explications sur la situation désagréable qu’il traverse, ce qui l’aidera à développer sa réflexion, puis de garder la meilleure à ses yeux.

  • Parents, restructurez vos schémas de pensée.

Souvent, nos schémas de pensées nous amènent à avoir une perception déformée et négative de la réalité. C’est ce qu’on appelle le biais de négativité. C’est pourquoi on a tendance à exagérer la portée de nos échecs, et à minimiser celle de nos réussites. Cette façon de penser peut avoir de nombreuses causes (personnalité, éducation, environnement social, etc.) mais c’est surtout un processus qui se renforce lui-même. Plus nous pensons de cette façon, plus cela devient automatique et plus il est difficile de penser autrement.

En pratique : Lorsque vous vivez un échec ou une situation qui provoque des émotions négatives, demandez-vous quelles pourraient être les conséquences positives de cette situation. Par exemple vous avez hurlé sur votre enfant. Conséquence positive : vous avez fait sortir la pression et exprimez votre ras le bol. Cela vous a-t-il appris quelque chose ? Oui, quand je ne reçois aucune aide à 18h ça me rend irritable et je m’en prends aux enfants. Cela pourrait-il vous éviter des erreurs à l’avenir ? Sans doute, en m’organisant différemment (préparation des repas en plus grosse quantité, zapper un bain sur 2, établir un tour de rôle dans les tâches…), en demandant de l’aide au conjoint, aux enfants en âge d’aider… Essayez ensuite de prendre du recul par rapport aux événements. Comment y repenserez-vous dans un an ? Ne prenez-vous pas cette situation trop à cœur ? Vous avez crié et alors… Rassurez-vous les séquelles sur le cerveau de votre enfant ne seront pas irréversibles. Surtout si vous vous expliquez sur les raisons de votre emportement et que vous mettez bien en avant que c’est le comportement de vos enfants que vous n’avez pas apprécié et non pas eux en tant que personne.

  • Avec vos enfants, envisagez leur verre à moitié plein.

Notre façon de nous exprimer impacte notre humeur et celle de nos enfants, tout comme les formulations négatives qui sont plus difficilement assimilables par les enfants. Mieux vaut insister sur ce que l’on a, plutôt que sur ce qui nous manque. Tout comme, au lieu de voir leur défauts et vouloir les corriger, mieux vaut mettre en valeur leurs petites réussites et capitaliser sur leurs forces. Parallèlement, il faut leur apprendre à positiver même dans les épreuves. Une erreur, une dispute, un chagrin est aussi une opportunité d’apprentissage. Encouragez-les à prendre des risques réfléchis, ils comprendront ainsi que vous les estimez aptes. Intervenir sans cesse, tout vouloir contrôler est épuisant et n’aide pas l’enfant à comprendre qu’il dispose de ressources.

En pratique : J’aime bien l’idée du jeu en famille pour ancrer l’habitude du parler positif. Le premier qui parle de façon négative ou non constructive à un gage. Sans quoi, faire l’effort de remplacer les « Ne cours pas » par « Marche », les « C’est pas grave » par « C’est surmontable », « N’aie pas peur » par « Aie confiance ». L’optimaliste se concentre sur les aptitudes, il tire profit des situations. Alors si on change de regard sur l’enfant et qu’on l’encourage dans tous ses petits et ses grands succès, il prendra confiance en lui et se sentira responsabiliser dans ses comportements.

En faisant ces petits exercices de pensée le plus souvent possible, vous modifierez petit à petit vos schémas de pensées et apprendrez à avoir un regard plus positif et réaliste sur les événements, sur vous et sur vos enfants. Il s’agit de ne plus avoir peur d’être soi, de s’accepter tel que nous sommes et d’accorder plus de valeur au parcours qu’à la destination.

Soyez juste authentique et demandez vous toujours ce qui est acceptable pour vous.

Pour aller plus loin:

https://mycoachparental.fr/le-bonheur-detre-mere-entre-mythe-et-realite/

https://mycoachparental.fr/prendre-soin-de-soi-pour-mieux-prendre-soin-des-autres/

https://mycoachparental.fr/charge-mentale-solutions-pratiques-pour-ne-pas-se-laisser-deborder/

Catégories : Et moi dans tout ça

Isabelle Pierce

Isabelle Pierce est coach parental et possède une expérience de 20 ans d’enseignement en maternelle, primaire et secondaire auprès de plus de 1000 élèves de 4 à 18 ans. Tout au long de ce parcours, elle s’est passionnée pour des approches complémentaires à la pédagogie classique, telles que : l’approche Montessori, les neurosciences et la PNL. Elle s’appuie aujourd’hui sur ses apprentissages, sur les conférences et les formations auxquelles elle continue d’assister pour aider les parents. Tous ces enseignements lui donnent des clés pour mieux communiquer avec les parents et pour mieux appréhender le comportement des enfants.

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