Je viens de lire un article de l’Express Style publié le 23/05/2018 et intitulé « Les limites de l’éducation positive » affirmant que de plus en plus de parents estimaient cette méthode culpabilisante et inapplicable au quotidien.

De nombreux passages dans cet article m’ont fait bondir. Je cite « l’éducation positive est déconnectée de la réalité, elle nie même la réalité au profit d’une vie aussi imaginaire que parfaite. On nous ment » « A vouloir appliquer une méthode tout droit sortie d’un livre, on n’est plus naturelle avec ses enfants. On veut faire croire que tous les parents peuvent y arriver sans tenir compte du bagage personnel de chacun », « l’éducation positive ne permettrait pas aux parents de laisser parler leur instinct et leurs élans naturels » « Les parents utilisateurs de l’éducation positive fantasment l’idée d’une enfance merveilleuse, telle qu’eux aurait voulu avoir » « Cela doit mettre une pression énorme à l’enfant que d’avoir des parents qui ne s’énervent pas. Il risque même de croire qu’il n’est pas normal, que les sentiments qu’il éprouve sont mauvais ».

L’auteur de cet article devait faire référence aux parents qui piochent une idée par-ci, une idée par-là de l’éducation positive en surfant de blog en blog, en s’inscrivant sur des forums ou en lisant tous les livres possibles et imaginables traitant de ce mode éducatif. OUI, alors je confirme en agissant ainsi vous n’y arriverez pas et donc vous culpabiliserez car on vous garantit sur ces sites, sur ces forums et dans ces livres que ça fonctionne. Ça fonctionne si on vous aide à décortiquer votre problématique, si on vous guide vers ce à quoi vous inspirer comme modèle familial, si on vous soutient dans votre recherche de solutions en fonction de vos valeurs. En tout cas c’est ainsi que je travaille. Ce qui peut aussi faire culpabiliser les parents c’est qu’on leur fait croire dans certaines publications pseudo éducation positive qu’ils pourront avoir un quotidien sans colère, sans crise, sans mot plus haut l’un que l’autre, ce qui bien sûr est faux car la vie de famille se construit aussi sur des désaccords. Néanmoins, les outils disponibles de l’éducation positive permettent que ces désaccords soient entendus, écoutés, pris en compte et non pas niés ou étouffés. Parfois on n’arrive pas à éviter une crise mais cela ne remet pas en cause votre rôle de BON parent ! J’ai écrit bon parent, pas parent parfait car à cette course de la perfection tout le monde perd. Il n’y a pas de compétition, vous faites de votre mieux et ça c’est déjà formidable. Et puis entre nous, si vous êtes abonnée à des blogs, à des groupes de discussion sur Facebook, si votre bibliothèque déborde de livres sur ce thème, moi je vous dis quand même BRAVO ! Ça veut dire que vous vous êtes rendue compte des limites de l’éducation conventionnelle et vous avez envie d’autre chose. Il vous faut maintenant passer le cap et demander de l’aide pour mettre de l’ordre dans tout ça.

Là où je ne suis pas d’accord, mais pas d’accord du tout avec cet article, c’est sur l’aspect formatage de l’éducation positive. Lorsque j’accompagne un couple, une maman ou un papa solo je leur suggère des outils pour faciliter leur quotidien et obtenir davantage de coopération, de respect de la part de leurs enfants. Je ne leur impose pas ma façon de faire, je ne leur demande pas de faire une croix sur leur spontanéité : rien ne les empêche de crier si ça leur semble nécessaire, de dire NON sans se justifier.  L’EDUCATION POSITIVE/ BIENVEILLANTE NE RIME PAS AVEC LAXISME ! On n’est pas dans le mythe de l’enfant roi. L’éducation ne peut pas se faire sans autorité, mais pourquoi ne pas choisir la façon douce mais ferme de faire respecter les règles à votre enfant plutôt que la façon autoritaire qui se conclue souvent par ‘parce que c’est comme ça un point, c’est tout’ peu explicite vous en conviendrez !

Respecter son enfant, l’écouter, le comprendre, l’encourager, le motiver tout en se respectant soi-même, voilà en quoi consiste l’éducation positive. La remettre en question c’est comme dire qu’on est contre la paix, que le bonheur c’est pourri ou que la gentillesse est passible d’une contravention. La parentalité positive promeut le ‘meilleur’ pour l’enfant, qui pourrait décemment refuser d’œuvrer pour que son enfant se construisent et s’épanouissent sans violence, dans le respect de ses émotions, pour qu’il trouve sa place dans sa famille et la société, sereinement ?

Catégories : Le coaching parental

Isabelle Pierce

Isabelle Pierce est coach parental et possède une expérience de 20 ans d’enseignement en maternelle, primaire et secondaire auprès de plus de 1000 élèves de 4 à 18 ans. Tout au long de ce parcours, elle s’est passionnée pour des approches complémentaires à la pédagogie classique, telles que : l’approche Montessori, les neurosciences et la PNL. Elle s’appuie aujourd’hui sur ses apprentissages, sur les conférences et les formations auxquelles elle continue d’assister pour aider les parents. Tous ces enseignements lui donnent des clés pour mieux communiquer avec les parents et pour mieux appréhender le comportement des enfants.

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