Elle répond, il n’obéit pas, elle tape son petit frère, il transgresse toutes les règles… nous avons tous dans notre boite à outils parentale la solution clé en main : la punition ! Sauf qu’il recommence…alors on fait quoi ?

Vous connaissez tous cette menace que l’on brandit avec une grande facilité : si a 3 tu n’as pas fini ton assiette, tu seras privé de dessert…Si la punition va faire cesser le comportement à court terme, elle n’enseigne rien à long terme. Alors exit les menaces verbales, il existe des méthodes plus efficaces et respectueuses de chacun.

La grande majorité des adultes sont convaincus que les punitions sont nécessaires et peuvent être justes, à la maison comme à l’école. Et lorsqu’on souligne leur inefficacité, la réaction la plus fréquente est « Alors, on lui laisse faire n’importe quoi ? » Comme si punir était la seule réponse possible à un comportement inadapté. Savez-vous que même les enfants pensent qu’ils le méritent parfois, tant le concept est intégré dans notre culture. Combien de fois à l’école je les entends dire: Haaann, tu vas être puni ! Pourtant, l’inutilité des punitions coule de source: si vous devez y avoir recours régulièrement, c’est qu’elle est inefficace pour enseigner le respect de la règle. Je pousserais même plus loin le raisonnement: et si votre enfant était insupportable justement parce qu’il est souvent puni ?

La menace engendre la peur ou la honte mais n’éduque pas et ne responsabilise pas. Elle laisse l’enfant en prise avec les pulsions agressives et des émotions négatives.

Nous punissons par automatisme, pour reprendre du pouvoir sur la situation. Souvent notre énervement vient de notre sentiment d’impuissance à changer l’attitude de l’enfant, on dégaine donc l’outil ancestral : la punition. On s’installe alors dans un rapport de force, de domination qui altère la relation et abîme la confiance de l’enfant. Pourtant notre rôle de parent est de l’éduquer, de l’accompagner dans la résolution de ses difficultés, plutôt que d’aggraver ses soucis en rompant le lien et en l’isolant.
En France contrairement aux pays scandinaves, face aux comportements inappropriés, on entend : Il faut mettre des limites, ce qui se traduit par “punir”. Mais on peut mettre des limites de façon ferme mais bienveillante alors, si on essayait autre chose de moins culpabilisant pour nous et de moins avilissant pour l’enfant ?

Pour commencer :

Je peux utiliser les principes de la Communication Non Violente pour expliquer ce que je ressens devant ce comportement inadapté :

  1. Je décris le plus précisément possible et d’un ton neutre ce que je vois et entends sans jugement « quand je vois ta chambre en désordre… »
  2. Je fais part de mon sentiment : « je ne me sens pas soutenue… »
  3. Je parle de mes besoins : « parce que j’ai besoin d’une maison rangée et d’aide pour y arriver »
  4. J’expose clairement ma demande sans exigence : « serais-tu d’accord pour la ranger avant le repas ? »

Autres pistes :
• Le comportement inapproprié peut être engendré par un symptôme de stress :  je prends l’enfant dans les bras parce que le contact physique diminue le stress dans son cerveau.
• Je cherche à identifier avec l’enfant ce qui se passe et qui motive ses débordements. Quel était le besoin non assouvi de votre enfant à ce moment-là : besoin d’attention, de stabilité, de jouer…
J’encourage les bons comportements : observer les progressions de son enfant même les plus infimes en lui signifiant qu’on les a remarquées. Attention encourager ça n’est pas féliciter, ranger sa chambre, faire ses devoirs, jouer sans se chamailler ne sont pas des exploits !

 Alors quelles alternatives aux punitions :

La réparation : il est souvent assez simple de demander à l’enfant d’essuyer l’eau qu’il a renverser ou de balayer les débris du vase cassé même si ça n’est pas fait dans les règles de l’art. Il peut aussi racheter ou participer financièrement au rachat. Pour bien fonctionner la réparation doit être reliée au comportement (en lien avec le comportement indésirable), respectueuse (non culpabilisante), raisonnable (proportionnelle à l’erreur) et aidante (permettre à l’enfant de tirer une leçon)

Le temps calme près de vous : Il ne s’agit pas ici de mettre l’enfant en retrait en raison de son comportement, mais bien de prendre un moment pour s’arrêter avec lui et l’aider à se calmer.

La recherche de solution : afin de responsabiliser l’enfant on peut le faire réfléchir à l’oral ou à l’écrit aux solutions qu’il pourrait envisager pour que la situation ne se reproduise pas. Cette recherche peut se faire aussi en famille et votre enfant choisit celle qui lui convient le mieux.

Rejouer la scène : demander à votre enfant de rembobiner le film et de rejouer la scène en respectant les règles de la maison.

Vous trouverez de nombreuses autres alternatives aux punitions, en fonction de la situation rencontrée, dans le livre de ma consœur Marie Costa https://www.amazon.fr/100-id%C3%A9es-pour-%C3%A9viter-punitions/dp/2353452132

Je rajouterai que j’invite souvent les parents à changer de regard sur les comportements inadaptés afin d’y voir des opportunité d’apprentissage pour leur enfant plutôt que des occasions de répression.

Et pour terminer souvenez-vous que ça n’est pas en écrasant une fleur qu’on l’aide à grandir, elle n’en sera pas plus résistante. C’est de soins dont elle a besoin pour grandir et exprimer toute sa beauté.

Catégories : La boîte à outils

Isabelle Pierce

Isabelle Pierce est coach parental et possède une expérience de 20 ans d’enseignement en maternelle, primaire et secondaire auprès de plus de 1000 élèves de 4 à 18 ans. Tout au long de ce parcours, elle s’est passionnée pour des approches complémentaires à la pédagogie classique, telles que : l’approche Montessori, les neurosciences et la PNL. Elle s’appuie aujourd’hui sur ses apprentissages, sur les conférences et les formations auxquelles elle continue d’assister pour aider les parents. Tous ces enseignements lui donnent des clés pour mieux communiquer avec les parents et pour mieux appréhender le comportement des enfants.